J'ai participé pour la première fois aux Lightning talks de Paris Web lors de l'édition 2013 sur un sujet qui m'énerve tout particulièrement dans le web, qui est la création de comptes associés à une adresse e-mail sans vérifier que cette dernière appartient bien à la bonne personne.


(Je suis le premier à passer mais je vous invite vivement à regarder la vidéo jusqu'au bout !)

Traditionnellement les LT sont les dernières vidéos publiées de chaque édition de Paris Web (et non, faire partie du staff ne donne aucun passe-droit :-). Je vous conseille, si vous faites partie des gens qui font le web, à explorer et (re)voir les conférences Paris Web 2013 dont les présentations et les vidéos sont toutes disponibles en ligne.

Voici ma version de la recette de tarte au chocolat de TarValanion, adaptée au Thermomix et sur fond de tarte brisée (vous pouvez préférer une pâte sablée). J'ai la faiblesse de prendre pour preuve de réussite la vitesse à laquelle elle a été consommée par les convives.

Pour 8 personnes normales (ou 6 morphales) et un plat à tarte de 28 cm (Vorwerk prétend que la quantité de pâte est adaptée à un plat de 31 cm, je crois qu'ils ont bu ou c'est moi qui ne sait pas étaler du papier à cigarette).

Ingrédients

Pour la pâte brisée :

  • 80 g de beurre.
  • 150 g de farine (T55 de préférence).
  • 1 c. à café de sucre vanillé.
  • 1/2 c. à café de sel (sauf si vous utilisez du beurre salé, évidemment).
  • 50 g d'eau.

Pour la crème au chocolat :

Version riche :

  • 300 g de chocolat noir.
  • 40 cl de crème fraîche semi-épaisse.
  • 10 cl de lait entier.
  • 2 gros œufs.

Version légère :

  • 200 g de chocolat noir.
  • 20 cl de crème fraîche semi-épaisse.
  • 8 cl de lait (1/2 ou écrémé).
  • 1 gros œuf.

Préparation

Préparer la pâte brisée. Préchauffer le four.

  1. Mettre le beurre coupé en morceaux, le sel, la farine, le sucre vanillé et l'eau dans le bol et régler 30 secondes sur fonction « Épi ».
  2. Mixer 10 s en sens inverse, vitesse 2 afin de décoller la pâte et la sortir du bol.
  3. Abaisser la pâte au rouleau et en garnir un plat à tarte beurré et fariné. Piquer le fond avec une fourchette. (Recouvrir éventuellement le fond de tarte d'un papier sulfurisé puis une couche de riz ou de pièces, selon le four.)
  4. Cuire au four environ 30 mn à 200°C (thermostat 6/7), 20 à 25 mn dans un four à chaleur tournante.

Pendant la cuisson du fond de tarte, préparer la crème.

  1. Mettre les morceaux de chocolat dans le bol et mixer 10 s à vitesse 6.
  2. Insérer le fouet dans le bol. Ajouter la crème fraiche et le lait et régler 8 mn à 70°C, vitesse 2.
  3. À l'arrêt de la minuterie, faire tourner le Thermomix à vitesse 4 et ajoutez les œufs par l'orifice. Laisser tourner encore une trentaine de secondes.
  4. Étaler la crème sur le fond de tarte cuit à blanc. Enfourner et faire cuire jusqu'à ce que la crème soit ferme mais encore tremblante au centre (environ 15 mn à 175°C dans un four à chaleur tournante). Laisser quelques minutes dans le four éteint.
  5. Laisser refroidir et servir tiède ou froid.

Sur mon fil Twitter mon regard est attiré par cette accroche : Prendre son thé en wifi.

Wifi, smartphone, programmation, iKettle… assez de buzzwords pour exciter la curiosité du geek. Malheureusement, ou heureusement, il se trouve que je suis aussi un geek théophile et que cette bouilloire supposément high-tech me semble être une mauvaise solution à un problème qui n'existe pas.

Avant de pointer pourquoi cette bouilloire est une mauvaise idée, je dois signaler qu'elle fait une chose absolument indispensable à tout amateur de thé qui se respecte : choisir la température de l'eau. Chaque thé exige une température d'infusion propre. Les thés verts infusent généralement à des températures moindres (entre 55 et 80°C) que les thés noirs (85 à 95°C). Certains arômes s'évaporent ou sont dégradés dans une eau trop chaude. Vous avez probablement déjà bu un thé vert trop amer, typique d'une température trop élevée (ou d'une infusion trop longue, mais une infusion courte avec de l'eau trop chaude ruinera le thé à coup sûr). À la base d'un bon thé il y a le thé bien sûr, l'eau, sa température et la durée de l'infusion. Les bonnes maisons de thé (ma préférée étant Le Palais des Thés) vous indiqueront toujours la température et le temps d'infusion optimaux pour chaque thé (si ce n'est pas le cas, changez de fournisseur).

Vous pouvez oublier le reste des fonctionnalités de cette bouilloire. Elles sont soit inutiles, soit carrément contre-productives pour l'amateur de thé.

Les fonctions de programmation et de réveil me font penser à cette tirade de Douglas Adams tirée du Guide du routard galactique :

Tout là-bas, au fin fond des tréfonds inexplorés et mal famés du bout du bras occidental de la Galaxie, traîne un petit soleil jaunâtre et minable. En orbite autour de celui-ci, à la distance approximative de cent cinquante millions de kilomètres, se trouve une petite planète bleu-vert dont les habitants — descendus du singe — sont primitifs au point de croire encore que les montres à quartz numériques sont une vache de chouette idée.

Je croyais que le temps des cafetières avec horloge programmable était révolu, mais comme je ne bois jamais de café, je ne sais pas (vous vous réveillez avec votre cafetière vous ?). Passons sur la mauvaise idée de cumuler des fonctions multiples dans un seul appareil (chaque fonctionnalité a un coût et ça finit toujours pas tomber en panne, quand ça arrive seulement à la cheville d'un autre appareil bien mieux adapté, votre réveil par exemple). L'idée de programmer quelque chose comme le thé me semble absurde. Le thé se choisit en fonction de l'envie et du moment. Je ne sais pas, le soir, de quel thé j'aurai envie le matin, je ne peux donc pas déterminer quelle devra être la température de l'eau.

Programmer et maintenir de l'eau en température peut être néfaste à l'infusion. Un bon thé a besoin d'être infusé dans de l'eau fraiche et utilisée immédiatement. Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • L'eau stagnante absorbe les odeurs et devient graduellement acide par absorption du CO2 de l'air. J'ai de plus des doutes sur l'idée de laisser de l'eau toute la nuit dans une bouilloire métallique, le métal étant un anathème pour le thé (les vietnamiens vous diront que le métal est incompatible avec la cuisine).
  • La teneur en oxygène dans l'eau joue sur l'expression des arômes et donc sur la qualité de l'infusion. On n'utilise jamais une eau qui déjà bouilli, car elle ne contient plus d'oxygène dissout. Chaque ébullition va diminuer quasi instantanément la quantité d'oxygène, lequel ne rediffusera que très lentement dans l'eau de la bouilloire. On ne prépare donc pas son eau à l'avance, et on ne la laisse pas bouillir à répétition.

Les autres fonctions sont pour moi de l'ordre du gadget, quand elles ne sont pas nuisibles.
Un système de notification directement sur mon smartphone lorsque l’eau est prête ? Ma bouilloire bipe quand l'eau est prête, et de toute façon je suis forcément à côté en train de préparer la théière.
Une mise en marche d'un simple clic à distance ? Je ne sais pas à quelle température chauffer l'eau avant d'avoir choisi le thé. Mais surtout, ça casse complètement un processus qui oblige le geek qui passe son temps devant son écran à se lever plusieurs fois par jour pour reposer ses yeux et son cerveau au minimum 5 mn, bouger ses fesses, boire de l'eau… Croire qu'il est bien d'automatiser au maximum la préparation du thé va totalement à l'encontre du côté cérémonial ou rituel de la démarche.

Cette bouilloire réduit le thé à sa destination, alors que pour l'amateur de thé le voyage compte au moins autant. Elle est visiblement conçue pour donner envie à la frange des geeks pour qui une longue liste de fonctionnalités sur l'emballage est source d'excitation, et… Look! Tea hacking FTW! Mais elle réduit à néant l'un des grands bénéfices de la préparation du thé : vous faire quitter ce foutu wifi pendant au moins cinq minutes !

En conclusion, si vous avez 120€ à dépenser pour ça, commencez par trouver une bouilloire à contrôle de température qui vous reviendra trois à quatre fois moins cher (les plus chères ne sont pas forcément les meilleures, il y en a des bien en dessous de 30€). Mettez le reste dans une théière (sans métal), un filtre à eau (si vous utilisez l'eau du robinet) et dans quelques thés d'exception. Et apprenez à apprécier le temps qu'il faut pour et la manière de faire un bon thé.

Metronews nous montre comment frauder à la primaire UMP pour les municipales à Paris.

La fraude exposée ici est que n'importe qui peut inscrire n'importe qui d'autre à condition de connaître son état civil (nom, adresse et date de naissance). C'est particulièrement facile dans n'importe quelle organisation ou entreprise qui possède ces informations, comme le montre Metronews qui a ainsi obtenu quatre bulletins de vote virtuels pour la modique somme de 12€ et moins d'une demi-heure de travail. Le faible intérêt qu'ont les électeurs parisiens de droite pour cette primaire, rend le poids d'un bulletin significatif. Et le petit jeu populiste de l'UMP avec le mariage pour tous leur est revenu dans la figure avec la tentation affichée de l'aile droite du mouvement d'interférer de plus en plus pour exister, par exemple en marquant le coup contre « l'abstention militante » (pouf pouf) de NKM sur cette loi.

On apprend que la faille était connue des organisateurs du scrutin :

"On peut effectivement voter pour deux personnes, mais c’est une décision qui est assumée, explique-t-on chez Docapost. Nous avons prévu le cas de couples qui n’auraient qu’un seul portable ou qu’un seul mail pour deux. Cela ne peut pas permettre une fraude à grande échelle”, veut-on se rassurer.

Ce que Metronews considère, à raison, comme une faille est en réalité conçu par les organisateurs et leur prestataire privé (Docapost, filiale de La Poste) comme une fonctionnalité. On appréciera ainsi, s'il était encore besoin après leur brillant exposé parlementaire de ces derniers mois sur leur conception de la famille, la vision particulièrement moderne qu'a l'UMP sur les couples où une seule personne peut voter pour deux (je suppose qu'ils appellent ça le « chef de famille »). J'attends avec impatience le moment où l'UMP va proposer d'étendre cette facilité à d'autres votes, parce que c'est vraiment pas pratique d'avoir à tout faire soi-même.

Pour ce qui est des arguments d'autorité, nous sommes servis par les traditionnels « dormez, tout va bien ». On a tout prévu, y compris d'intervenir arbitrairement dans la boite noire pour « rectifier » le scrutin. Je voudrais bien savoir comment ils vont faire, exactement, pour faire le tri entre les couples où un seul aura voté pour deux (un cas considéré comme légitime par l'UMP) et quelqu'un qui aura, par exemple, inscrit toute sa famille (même nom sur la CB) avec une véritable intention de frauder. Il est parfaitement possible et faisable de frauder sans qu'ils puissent garantir la sincérité du vote. Mais nous on sait, on vous dit que tout va bien, c'est un pur argument d'autorité sans aucune valeur que ce que vous voulez bien croire.

La CNIL, comme à son habitude, botte en touche :

"l’UMP a respecté la majeure partie des recommandations que la Cnil lui a faites sur les mesures de sécurité”. Concernant d’éventuelles fraudes, "des mesures raisonnables ont été prises pour s’en prémunir”.

Traduction : l'UMP n'a pas respecté toutes les recommandations de la CNIL (le nombre n'a pas d'importance, il pourraient avoir écarté des recommandations particulièrement importantes). Au passage, un autre argument d'autorité nous est servi avec « des mesures raisonnables ont été prises ». Lesquelles et en quoi sont-elles « raisonnables » (plutôt qu'effectives)?

J'espère que cette expérience pratique (dont le véritable bénéficiaire est une société commerciale qui veut gagner de l'argent avec une technologie particulièrement contestable) convaincra un peu plus de décideurs à l'UMP pour que ce ne soit plus le seul parti du paysage politique français à vouloir à toute force remplacer par ce genre de bricolage le bon vieux scrutin à l'urne transparente qui a fait ses preuves sur les plans de l'authenticité, la sécurité et l'anonymat du vote qui sont des fondements de la démocratie.

P.S. rions encore un peu avec NKM qui sent le vent du boulet et Copé qui appelle au  « sang-froid ». NKM dénonce des problèmes techniques :

«de nombreuses personnes inscrites sur le site des primaires rencontrent un important et récurrent problème technique de compatibilité de leur ordinateur pour le vote»

Alors que n'importe quel professionnel du web sait se débrouiller avec la pléthore de navigateurs utilisés par les internautes, les informaticiens pur jus qu'on retrouve inévitablement dans les structures comme Docapost sont comme à leur habitude dans leur monoculture IE/Windows et de service informatique qui croit pouvoir imposer leurs outils à tout le monde (rappelez-vous le gag de la mise à jour Java l'an dernier).
Au passage, on apprend que la CNIL n'a pas « validé » le processus.

Vous les voyez les apprentis-sorciers maintenant ?

P.S. 2 : « L'UMP brûle-t-elle à Paris ? »

Dénonçant les « défaillances incontestables » du système de vote électronique imaginé pour faire échec à toute fraude, le jeune élu du XVIIIe arrondissement, principal challenger de Nathalie Kosiuscko-Morizet demandait la suspension des opérations. Requête aussitôt écartée.

Le vote électronique est, par essence, éminemment contestable. Il n'y a donc aucune suprise à ce qu'il soit dénoncé comme suspicieux. On n'a pas fini de rire.

La Loi n° 2013-404 du 17 mai 2013(*) a été publiée aujourd'hui au Journal Officiel de la République française. La France devient ainsi le 14è pays au monde à cesser de discriminer ses citoyens, vis-à-vis du mariage, pour des raisons qui ne se résument qu'à une et une seule chose : l'homophobie.

Je ne m'ébaudirai pas cependant. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas fallu des milliers de militants LGBT qui, depuis plus de vingt ans, on travaillé sans relâche pour que l'égalité progresse dans ce pays. Ce n'est pas non plus comme si la gauche avait toujours été claire sur le sujet. Il n'y a que les imbéciles qui ne lâchent rien changent pas d'avis, Christiane Taubira a soulevé des montagnes suffisantes à me convaincre qu'ils ont fini par comprendre. Ce n'est pas enfin comme si la France avait de l'avance ou encore la capacité à évoluer aussi dignement que les 13 pays qui l'ont précédée. Les propos de l'opposition, du même niveau de caniveau que les éructations des Frijides de la manif qui réunit la crème des homophobes conscients ou inconscients de ce pays, me confirment qu'on n'a pas le cul sorti des ronces de l'homophobie. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je pourrais terminer ma rubrique citoyen de seconde zone, et après en avoir été un des acteurs à sa création j'ai renouvelé mon adhésion à SOS Homophobie.

En attendant que cette loi atteigne tous les territoires de la République, je me réjouis de cette étape et des perspectives qu'elle ouvre pour faire reculer l'obscurantisme et l'intolérance dans ce pays. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche.

P.S. ce jour est même pour moi à marquer d'une double pierre blanche, mais ce sera l'objet d'une autre billet. :-)

(*) 404 Homophobia Not Found! (Je revendique la formule ;-)

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Mes amis sont formidables, ils savent qu'un GIF animé suffit à ma félicité(*). Et ils sont trop beaux pour que je les garde pour moi.

De mes amis de Paris-Web (qui couve en son sein une confraternité du GIF animé de la mort qui tue que je vous dis pas) :

Une bande de chat ayant indéniablement fait un peu trop la fête

Nounours souriant installé dans une basket rouge t'apportant un bouquet de ballons scintillants pour te souhaite un bon anniversaire

Et de l'ami Laurent :

Happy Birthday avec des ballons, le tout dans une orgie de couleurs scintillantes

Et avec ce temps neigeux, j'ai aussi eu droit à une tweetavalanche grâce à mon homme. <3 sur vous.

P.S. et un retardataire :

Un bien beau jeune homme

(*) Félicité déjà très largement comblée par le présent séjour à Tignes et une orgie de neige (scintillante elle aussi), chose encore fort rare en Nouvelle-Calédonie malgré nos efforts émérites pour bousiller le climat.

Un repas de fête

Un repas de réveillon improvisé et entièrement fait maison, à quatre mains :

En apéritif, des bretzels (graines de pavot, sésame et mélange de graines diverses) :

Pretzels

C'est la première fois que je fais des bretzels. Et du coup j'ai compris d'où venait ce goût particulier de la croute : la trempette au bicarbonate de sodium avant le passage au four (sinon ils ne dorent pas).

Entrée, wontons aux crevettes (crevettes, coriandre, 5 épices, sauce de poisson, pâte à wonton) et sauce aigre-douce (gingembre, ail, échalote, tomate, huile, vinaigre, sucre) :

Wontons aux crevettes, avant cuisson

Au dessus avant cuisson, ci-dessous après friture :

Wontons aux crevettes sauce aigre-douce

Plat, cubes de thon marinés au soyo et coriandre roulés dans des graines de sésame grillées, salade thaï (papaye, choux, carotte, échalote, oignon, haricots verts, tomates, cacahuètes concassées, sauce citron, nuoc mam, sucre roux), salade de crevettes au lait de coco (fait avec de la coco fraîche) et salade de crevettes au soyo.

Salade thaï, crevettes soyo et lait de coco, thon mariné

Dessert, coco fraîche :

noix de coco

Trois noix de coco, ramassées le jour même sur le trottoir d'en face, contenant pas loin d'un litre de jus. Autant le parfum artificiel de noix de coco me donne des hauts-le-cœur (un vieux traumatisme d'enfance, merci la pâtisserie industrielle), autant j'aime la noix de coco fraîche.

Nous avons terminé sur un sorbet minute ananas-basilic (pas de photo).

Nous avions aussi préparé une seconde entrée, foie gras au curry et whisky et du pain brioché (maison, évidemment) :

Foie gas de canard au curry et whisky, pain brioché

Mais au milieu de toutes ces agapes, nous l'avons oublié. Partie remise au lendemain.

Les têtes de crevettes serviront pour une bisque ce soir.

L'indifférence est pire que la haine. En particulier l'indifférence de cette fameuse catin qu'on appelle « opinion publique ».

L'avantage des opinions anti-mariage pour tous est qu'elles sont pour la plupart véhiculées par une minorité d'allumés[1] fanatiques. On les connaît, elles sont les mêmes que contre le PaCS et avant ça contre toutes les avancées sociales (dépénalisation de l'homosexualité, contraception, droit de vote des femmes et j'en passe) et elles sont aussi bas du front que leurs auteurs. Il faut connaître ses ennemis, et en la matière j'ai l'impression que nous les connaissons mieux qu'ils ne nous connaissent ; ils sont tellement prévisibles avec leur prêt-à-penser.

Ce qui me fait grincer en ce moment, ce sont plutôt les indifférents. En particulier les indifférents vocaux. Ceux qui n'ont pas d'opinion ou, pire, qui ont peur d'être obligé d'en avoir une un jour[2] et tiennent absolument à intervenir dans le débat pour dire qu'ils ne sont ni pour ni contre[3]. Ce faisant, ils freinent ou polluent le débat, donc l'avancée des choses.
À ceux-là, j'ai juste envie de dire : fermez-là ! Quand on n'a pas d'opinion sur un sujet, on n'en discute pas et on passe à autre chose. Si vous n'êtes pas capable de connecter deux neurones pour décider si rendre une partie de la population un peu moins inégale que l'autre — une simple question d'égalité en somme — représente (ou non) une avancée pour la société et pas juste votre petite pomme, la société n'a pas besoin de votre indifférence. Vous êtes le lest dont tous les politiques sans courage se servent pour maintenir le status quo. Intervenir pour, effectivement, ralentir ou geler une réflexion sans l'enrichir en quoi que ce soit, c'est déjà exprimer une forme de dissonance cognitive sinon une opinion. Mieux vaut la fermer et passer pour un imbécile, que l'ouvrir et prouver qu'on en est un.

Alors si vous êtes pour le mariage pour tous, ou que vous n'avez rien contre, allez montrer votre nez dehors à l'une des manifestations de soutien. Certes ce sera moins rigolo que d'aller voir la Gay Pride en touriste, mais ce sera infiniment plus utile et ça ne vous prendra que quelques instants. Nous, nous avons dû battre le pavé pendant des décennies pour en arriver là. Et contre les haineux virulents et les indifférents poids-mort, je crains qu'on n'ait pas terminé de sitôt.

Et puis si vous ne le faites pas pour vos concitoyens qui n'ont pas ce droit, faites-le pour vous. Ceux qui m’aiment prendront la marche.


  1. Ce qui est fascinant chez les illuminés c'est qu'ils n'ont jamais la lumière dans toutes les pièces.
  2. Je me demande sérieusement s'il n'existe pas une fraction de mes congénères homos qui, plus ou moins consciemment, rejettent l'idée d'avoir un jour à être confronté à la question « veux-tu m'épouser ? » et que c'est la seule raison, parfaitement égoïste, qui les pousse à s'opposer au mariage pour tous. C'est tellement plus facile de ne pas avoir à se poser de question.
  3. Vous allez me dire que s'ils ont peur d'avoir à se prononcer ils devraient logiquement s'exprimer contre. Mais je pense qu'il existe des gens qui, par peur de se faire traiter d'homophobe (il y a matière à développer mais ce billet est déjà trop long), préfèrent esquiver en prétendant n'être ni pour ni contre.
Hier matin, un homme bien ne s’est pas réveillé.

Un hommage sans filtre à un François, par celui grâce à qui j'ai eu le plaisir de faire sa connaissance à ces Paris Carnet si plaisants.

Dans mon esprit, intacts, son sourire et sa voix. Des larmes de peine et une pensée un peu rageuse à cause du mot virtuel que je hais tant lorsqu'il utilisé à tort et à travers, avant même que je ne lise cette lettre à Paco. Un deuil de notre blogosphère, virtuels ni l'un ni l'autre.

Bises à Luce et Louise, il y a des gens partout sur la Toile qui pensent à vous.

Ce qu’il faut pour être heureux

Il faut penser ; sans quoi l’homme devient,
Malgré son âme, un vrai cheval de somme.
Il faut aimer ; c’est ce qui nous soutient ;
Sans rien aimer il est triste d’être homme.

Il faut avoir douce société,
Des gens savants, instruits, sans suffisance,
Et de plaisirs grande variété,
Sans quoi les jours sont plus longs qu’on ne pense.

Il faut avoir un ami, qu’en tout temps,
Pour son bonheur, on écoute, on consulte,
Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,
Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

Il faut le soir, un souper délectable,
Où l’on soit libre, où l’on goûte à propos,
Les mets exquis, les bons vins, les bons mots.
Et sans être ivre, il faut sortir de table.

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps
Le tendre objet que notre coeur adore,
Le caresser, s’endormir dans ses bras,
Et le matin, recommencer encore.

Voltaire.

Voltaire dirait que je suis comblé.

(Piqué chez le jeune Matoo.)

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