C'est le titre, un peu racoleur, d'une tribune de François Garçon. En tant que pur produit de l'éducation élitiste à la française — j'ai fait deux années de prépa Math Sup / Math Spé P+ suivis de trois ans d'école d'ingénieur après le concours des grandes écoles, un DEA, un Master et un début de thèse au CNRS — elle n'a pas manqué de me faire réagir.

Les classes préparatoires, intraduisibles dans aucune langue tant elles recouvrent une éducation bizarre qui pré-sélectionne les meilleurs lycéens, puis les gave de cours et de colles comme le font avec leurs volatiles les éleveurs d’oies dans le Périgord. Après deux ans de ce traitement opéré dans l’enceinte des lycées, ces jeunes se lancent à l’assaut des concours. Les concours sont la troisième formule gagnante. Ils ont été inventés, nous dit-on, par Vauban en 1697 pour recruter ses ingénieurs [1]. Ceux qui y excellent seraient tout simplement plus intelligents que ceux qui échouent. Les intéressés le croient dur comme fer et, le plus comique, c’est que leurs parents en sont pareillement persuadés.

Si la comparaison avec le gavage des oies en classe préparatoire m'a fait rire (on peut effectivement le ressentir comme ça), je pense que l'auteur jette vite le bébé — les citoyens — avec l'eau du bain — le système éducatif, en particulier celui qui paye son salaire.

Certains parents pensent-ils en effet que leurs enfants sont plus intelligents pour de mauvaises raisons. De mes observations de cette faune étrange que sont les gens avec progéniture, je dirais que c'est vrai de la plupart d'entre eux. Même de ceux dont les enfants ont fait ébénisterie sur contreplaqué. Mes parents, qui n'étaient pas la moitié d'un con, pensaient plus pragmatiquement que dans un pays de diplôme, plus ton PQ est bien vu, plus tu as le choix et les mains libres dans le monde professionnel. Ils ne me pensaient pas plus intelligent pour autant, ils voyaient juste comment fonctionnent les recruteurs et les entreprises. Et c'est très exactement mon expérience, en France.

Les professeurs, dans ce parcours parallèle se déroulant en lycée, eux, corrigent beaucoup de copies, ne publient rien, régurgitent ce que les universitaires dans leurs facultés ont cherché et publié et, pas fous, comptent leurs sous. Avec leurs colles, ces professeurs qui ne publient rien (dans le monde entier, les professeurs au niveau tertiaire cherchent et publient. Ils sont même payés pour ça, et enseignent évidemment), gagnent généralement plus qu’un professeur d’université en fin de carrière qui, lui, publie, fait de la recherche, anime un laboratoire, organise des colloques, relit les travaux de ses pairs, prépare la relève. Cherchez l’erreur.

Ça c'est un problème de gestion interne à l'université, je ne vois pas le rapport avec les concours et les grandes écoles, ni même avec le lycée ! Je ne vois qu'une récrimination salariale et l'habituelle jalousie qui a toujours existé entre l'université et les écoles d'ingénieurs. La preuve de la jalousie par quelqu'un qui fait montre d'une méconnaissance totale de ce sur quoi il crache est dans le « une longue sieste généralement de trois ans au Club Méditerranée » censé représenter le parcours d'un khâgneux après le concours. C'est tellement aux antipodes de la réalité que c'en est risible. Si ça peut vous rassurer, il existe les mêmes préjugés idiots chez certains ingénieurs vis-à-vis de ces clubs de vacances que seraient les universités.

J'ai aussi beaucoup ri de l'attaque sur les concours de la part de quelqu'un qui fait la démonstration que l'université est capable de totalement vider ses examens de leur sens :

Chargé de conférences à l’X pendant vingt ans dans le département Humanités Sciences Sociales, j’ai souvenance d’une circulaire dans les années 1990 nous demandant, à mes collègues et à moi-même, de mettre un point aux étudiants venus à chacun de nos cours. Le semestre s’étendant sur 13 semaines, l’étudiant qui rendait une copie blanche ou l’équivalent, pouvait négliger voire saboter son examen terminal avec la garantie d’un 13 sur 20. Sans commentaires.

Ceci dit, j'agrée avec sa formule sur le degré de conformisme à la machine scolaire française, qui en final résume très exactement ce que ses architectes ont voulu : de braves petits soldats obéissants (Napoléon le premier, littéralement) dans un système fonctionnant quasi exclusivement sur l'argument d'autorité. Et quoi de mieux qu'un joli diplôme avec les bons tampons pour assoir son autorité sans se fatiguer, en France ?

J'ai un diplôme d'ingénieur des industries chimiques doublé d'un DEA en génie des procédés. En d'autres termes, on m'a appris à construire des usines à gaz (des vrais) dans le but que j'aille participer à l'enrichissement en produits divers et variés de la nappe phréatique de la vallée de la chimie à Lyon (Rhône Poulenc trustait les siège au conseil d'administration de mon école, ce n'est aucunement un hasard). J'avoue, sans aucune honte, que le génie chimique — qui est l'art de touiller et transporter la merde sans en foutre partout — m'a toujours prodigieusement désintéressé, et que j'ai tout fait pour me diriger vers ce qui était une passion depuis mes 14 ans : l'informatique. L'un de mes profs accusait ces « parasites » qui gaspillent l'argent public en n'allant pas travailler dans l'industrie à laquelle ils ont été formés. Lui aussi ne regardait que son petit nombril.

Plus tard, au gré d'un changement professionnel, j'ai eu la possibilité d'aller vers un truc qui me passionnait aussi : internet. Mais le problème, typiquement français, c'est que je n'avais pas les diplômes. J'ai donc passé sept mois à faire un master type DSI (gestion des systèmes d'information/telecom/réseau) dans le seul but de ne pas avoir à me justifier. Je n'y ai strictement rien appris (sauf les délires Minitel sur 20 ans des X de France Telecom, que les clients d'Orange payent encore), mais je suis entré chez Apple, Netscape et CapGemini avec mon diplôme de touilleur de merde génie chimique.

J'ai appris à apprendre, voilà la quintessence de mes études supérieures. Et j'ai pu, avec un diplôme d'ingénieur en poche, faire de multiples boulots complètement différents, entre développer et construire des imprimantes 3D 25 ans avant tout le monde à organiser une conférence Web en passant par développer la plateforme de blogs d'un grand journal. Demain, comme je blague souvent (mais à moitié seulement), je vendrai peut-être des t-shirts ou je ferai un site de cul. C'est toute la beauté de l'éducation que j'ai reçue, m'avoir donné les moyens de me démerder aussi bien en France qu'à l'étranger. Peut-être même mieux à l'étranger, où l'on apprécie particulièrement la productivité et la capacité d'analyse des français, ce qui explique probablement pourquoi les français sont recherchés dans des domaines comme l'informatique (ça et la désaffection des dinosaures qui nous gouvernent pour ce genre de domaine technique).

Le vrai problème que je vois ici, c'est cette France bloquée dans les années 70 et sa manie de se regarder le nombril, entre chapelles et villages gaulois. À commencer par cette éternelle guerre entre l'université et les grandes écoles, et ce énième marronnier sur concours vs examens.

Il y a dix ans, quand les blogs étaient au pic de leur mode en France, les blogueurs étaient systématiquement raillés par certains journalistes (dont beaucoup raillaient le web en général, soit qu'ils n'y comprenaient rien, soit qu'ils avaient au contraire bien identifié une menace pour leur rôle de gardiens du temple médiatique). Vous comprenez, un blogueur ça n'est pas objectif, ça ne vérifie pas ses informations, ça n'a aucune éthique. Alors qu'un journaliste dûment encarté, c'est tout l'inverse.

Dix ans après, Le Parisien nous offre une brillante démonstration d'éthique journalistique et de connaissance du web. Commençons par examiner l'éthique du Parisien (drôlatiquement titrée « Charte de modération »), où l'on peut lire ceci (je souligne) :

En tant qu'éditeur en ligne, nous nous engageons notamment à respecter les règles éditoriales en vigueur au quotidien " le Parisien " . C'est-à-dire à faire le maximum pour vérifier la validité des informations, respecter les règles de la déontologie journalistique, ne pas porter atteinte aux droits et à la dignité des personnes ainsi qu'informer les internautes de la nature éditoriale ou publicitaire du contenu.

Nous nous engageons également à faire le plus possible pour garantir la fiabilité des informations et des services fournis par des tiers.

Le 5 octobre dernier, Le Parisien publie un article intitulé 10 millions d'euros pour sécuriser le Net français. Un passage attire particulièrement mon attention (je souligne) :

Sauf que... Bercy s'est fait taquiner — troller, en langage geek. Le nom de domaine « république-numérique », avec accents, avait en effet été réservé par un petit malin, taquin mais pas désintéressé, qui avait finalement proposé une transaction financière au ministère. « Non » ferme de Bercy qui, pour conserver un nom de domaine identique, a donc dû renoncer aux accents pour héberger son projet de loi (www.republique-numerique.fr). Sur ce coup, pas de brèche dans la sécurité numérique, juste un petit loupé... d'anticipation.

Il se trouve que le « petit malin » dont parle Matthieu Pelloli, c'est moi. Il aurait suffit à ce journaliste — qui est « journaliste au pôle enquêtes du Parisien » et doit donc savoir ce qu'est enquêter — d'une minute pour consulter n'importe quel annuaire WHOIS pour le domaine république-numérique.fr et obtenir mes coordonnées complètes, incluant une adresse e-mail et mon numéro de téléphone, ainsi que la date et l'heure de dépôt de ce nom de domaine. Ou il lui aurait suffit de se rendre sur république-numérique.fr et cliquer sur l'adresse de contact pour m'envoyer un courriel.

Prétendre que j'aurais proposé une transaction financière au ministère est faux et diffamatoire. Je n'ai jamais réclamé un centime à qui que ce soit pour un nom de domaine. Je n'ai jamais communiqué avec le ministère, et je mets Matthieu Pelloli au défi de prouver ses dires. Qu'un journaliste faisant partie d'un service d'enquête ne se soit même pas posé la question du caractère diffamatoire de ce qu'il écrit sans chercher à contacter la personne mise en cause m'échappe.

Prétendre également qu'à cause de moi le ministère aurait dû renoncer à utiliser république-numérique.fr plutôt que republique-numerique.fr est également faux, et c'est trivial à prouver. J'ai déposé république-numérique.fr le 26/9/2015 à 12h23. Précisément, juste après avoir lu ce tweet :

Là aussi j'aimerais que Matthieu Pelloli m'explique comment il peut conclure que le ministère aurait ainsi dû renoncer à un nom qui était encore dans le domaine public après le lancement d'un projet sur lequel ils travaillaient et communiquaient depuis des mois. L'explication est beaucoup plus triviale, et je l'ai obtenue du développeur du site lui-même : personne n'avait pensé (ou ne s'était rappelé) que le domaine .fr accepte les accents depuis plusieurs années (mai 2012 exactement). Même ceux qui veulent légiférer avec une ambition savamment affichée sur la République Numérique ! Ils ne s'en sont rendus compte qu'en découvrant mon site.

Je peux spéculer sur ce qui a poussé M. Pelloli à publier de fausses informations et à me diffamer sans avoir fait le moindre effort pour vérifier ses « informations ». Il est probable que quelqu'un au ministère lui a raconté n'importe quoi (plutôt que d'admettre qu'ils ont fait une erreur), et qu'il n'a rien vérifié.

Je me demande aussi pourquoi Le Parisien n'a pas publié, dans les trois jours comme la loi l'y oblige, le droit de réponse que je lui ai communiqué le 31 décembre par courriel, appuyé par une LRAR reçue le 4 janvier.

Mais c'est vrai que je ne suis qu'un blogueur. Qu'est-ce que j'y connais, moi, à l'éthique journalistique ?

Voulez-vous savoir pourquoi j'ai déposé république-numérique.fr ? Pour rappeler à des gens qui légifèrent tambour battant sur mon domaine professionnel et que je trouve d'habitude très franco-français (ces gens, pas mon domaine), qu'on pouvait faire beaucoup plus de choses en France et en français sur le web. Comme, par exemple et tout simplement, parler français dans les adresses des sites. Et voulez-vous savoir quelle est la plus grande ironie de cette histoire ? C'est Le Parisien qui nous l'offre en étant le seul journal français a avoir publié l'adresse république-numérique.fr avec accents comme étant l'adresse officielle, renvoyant ainsi innocemment les internautes vers… mon site :

république-numérique-le-parisien.jpg

Ça n'a pas échappé aux confrères de M. Pelloli, sur Rue89 le 29 septembre. Ah pardon, Stéphane Bortzmeyer n'est pas journaliste, c'est un vulgaire blogueur ! ;-p

Faire son pain

Il y a quelques mois, chez une des témoins de mariage de mon mari mais néanmoins amie, je suis tombé sur ce livre : Les meilleures recettes de pain autour du monde.

Je devais avoir l'air d'un gamin diabétique devant la vitrine d'une confiserie, parce qu'à peine l'avais-je ouvert qu'elle me dit « Il te plaît ? Je te l'offre. » (<3 sur toi, Amel.)

De retour à Nouméa, j'ai réalisé une douzaine de recettes, et je suis bien parti pour vouloir en tester au moins la moitié[1]. Au grand dam d'un copain boulanger ici, qui trouve que je les roule dans la farine leur fait une concurrence déloyale.

Pain de maïs portugais

Faire mon pain m'a apporté énormément. À commencer par une madeleine de Proust à moi (si vous me pardonnez cette métaphore pâtissière) puisque mes grand-parents paternels étaient boulangers et que l'odeur particulière du levain et de la farine réveille de vieux souvenirs.

Il y a un côté thérapeutique à savoir faire son pain. Plusieurs même.

Sur un plan nutritionnel, cela offre la possibilité d'utiliser les meilleurs ingrédients possibles. J'ai fait des pains de petit-déjeuner grâce auxquels une seule tranche remplace des céréales (sans intérêt nutritionnel autre qu'un apport massif de sucre, de graisseset de sel) et permet de tenir sans problème jusqu'au déjeuner. Et mes pains durent allègrement une semaine, quand la production professionnelle locale dure péniblement deux jours[2].

Sur un plan psychologique, je trouve ça reposant et gratifiant. Je ne sais pas pour vous, mais moi, mettre mes mains dans un truc mou et tiède pour le pétrir, ça me lave la tête et ça peut conduire à un résultat, disons… orgasmique.[3]

Pain multicéréales

La seule chose dans laquelle je ne me suis pas encore lancé, c'est la fabrication du levain.
Le levain, contrairement aux levures instantanées ou de boulanger, permet de lutter contre le phénomène de déminéralisation chez les consommateurs de pains à base de farines complètes. L'acide phytique présent dans le son empêcherait l'absorption des sels minéraux, et le levain permet de le décomposer (phytase) par sa fermentation lente et acide. Jusqu'ici je me suis procuré du levain en magasin bio car les conditions de température ici en été font que laisser trainer quoi que ce soit susceptible de fermenter est l'assurance d'obtenir une arme bactériologique méritant une fiche S (sans parler des bestioles qui grouillent dans nos cuisines tropicales).
Grâce à Laurent Chemla — qui a sans doute déjà eu droit à sa fiche S avant 50 ans, mais probablement pas à cause de sa recette de baguette de tradition française, que je vous recommande chaudement — j'ai découvert la poolish.

La poolish, c'est génial et c'est comme du levain rapide. Si vous ne connaissez pas, remplacez votre levure instantanée ou de boulanger par cette méthode. Ça donne une texture et un goût particuliers au pain, qui dure en prime plus longtemps. Vous pouvez laisser la poolish se développer plus ou moins longtemps, ou l'utiliser dès que les bulles apparaissent (une dizaine de minutes), selon votre goût (plus longtemps = goût de levure plus prononcé).

Si cela vous tente, lancez-vous, mettez la main à la pâte et faites votre pain ! Vous n'y trouverez que des avantages. Et puis la boulangerie est tout de même l'un des trésors de la culture française. On devrait déchoir de sa nationalité toute personne qui prétend être française sans savoir au moins comment on fait du pain.

Notes :

[1] Selon la disponibilité des ingrédients, qui est un problème récurrent ici. Par exemple, il est impossible de trouver de la farine de blé bio dans les magasins qui ont épuisé leur quota d'importation (épuisé dès novembre, renouvelé en mars). Or personne ne produit de farine bio ici, et il est impossible sinon suicidaire d'utiliser de la farine traitée dès qu'on veut faire du pain complet ou semi-complet. ↩︎

[2] Ce qui n'est rien devant la médiocrité de la baguette standard ici. Pain-Vin-Fromage n'est pas une devise calédonienne, et avant de me faire traiter d'enculé de zoreille à merde (air préféré des bas du front nés quelque part), c'est plus une question de climat et d'économie qu'un problème de savoir-faire. ↩︎

[3] Pour les papilles des co-pains (ceux qui partagent le pain). Les copines apprécient aussi beaucoup mon pétrissage à la main. ↩︎

Il y a dix ans…

couverture blogueur d'entreprise Il y a dix ans aujourd'hui, paraissait mon livre Blogueur d'entreprise. Si la plupart des exemples sont aujourd'hui obsolètes, mes conseils semblent avoir honorablement résisté à l'épreuve du temps (et dix ans, en informatique, c'est un exploit).

Facebook et Twitter n'étaient pas encore installés dans le paysage. J'avais écrit que les blogs, exigeants en termes de travail d'écriture, ne conviendraient pas à tout le monde(*). Ces plateformes conçues pour le grand-public et les effets de masse ont logiquement reçu un bien meilleur accueil, c'est la récompense de la vulgarisation. Mais elles ne remplacent pas les blogs. L'apparition encore récente de plateformes comme Medium montre qu'il reste un besoin de ce côté-là (même si Medium n'est qu'une énième tentative de se faire du fric facile sur le dos de ses contributeurs).

J'ai trop longtemps délaissé ce blog. Il est temps de me remettre à l'écriture.

(*) Je les voyais comme une niche, au grand dam mon éditeur qui espérait faire un coup sur un sujet « à la mode ».

J'ai participé pour la première fois aux Lightning talks de Paris Web lors de l'édition 2013 sur un sujet qui m'énerve tout particulièrement dans le web, qui est la création de comptes associés à une adresse e-mail sans vérifier que cette dernière appartient bien à la bonne personne.


(Je suis le premier à passer mais je vous invite vivement à regarder la vidéo jusqu'au bout !)

Traditionnellement les LT sont les dernières vidéos publiées de chaque édition de Paris Web (et non, faire partie du staff ne donne aucun passe-droit :-). Je vous conseille, si vous faites partie des gens qui font le web, à explorer et (re)voir les conférences Paris Web 2013 dont les présentations et les vidéos sont toutes disponibles en ligne.

Voici ma version de la recette de tarte au chocolat de TarValanion, adaptée au Thermomix et sur fond de tarte brisée (vous pouvez préférer une pâte sablée). J'ai la faiblesse de prendre pour preuve de réussite la vitesse à laquelle elle a été consommée par les convives.

Pour 8 personnes normales (ou 6 morphales) et un plat à tarte de 28 cm (Vorwerk prétend que la quantité de pâte est adaptée à un plat de 31 cm, je crois qu'ils ont bu ou c'est moi qui ne sait pas étaler du papier à cigarette).

Ingrédients

Pour la pâte brisée :

  • 80 g de beurre.
  • 150 g de farine (T55 de préférence).
  • 1 c. à café de sucre vanillé.
  • 1/2 c. à café de sel (sauf si vous utilisez du beurre salé, évidemment).
  • 50 g d'eau.

Pour la crème au chocolat :

Version riche :

  • 300 g de chocolat noir.
  • 40 cl de crème fraîche semi-épaisse.
  • 10 cl de lait entier.
  • 2 gros œufs.

Version légère :

  • 200 g de chocolat noir.
  • 20 cl de crème fraîche semi-épaisse.
  • 8 cl de lait (1/2 ou écrémé).
  • 1 gros œuf.

Préparation

Préparer la pâte brisée. Préchauffer le four.

  1. Mettre le beurre coupé en morceaux, le sel, la farine, le sucre vanillé et l'eau dans le bol et régler 30 secondes sur fonction « Épi ».
  2. Mixer 10 s en sens inverse, vitesse 2 afin de décoller la pâte et la sortir du bol.
  3. Abaisser la pâte au rouleau et en garnir un plat à tarte beurré et fariné. Piquer le fond avec une fourchette. (Recouvrir éventuellement le fond de tarte d'un papier sulfurisé puis une couche de riz ou de pièces, selon le four.)
  4. Cuire au four environ 30 mn à 200°C (thermostat 6/7), 20 à 25 mn dans un four à chaleur tournante.

Pendant la cuisson du fond de tarte, préparer la crème.

  1. Mettre les morceaux de chocolat dans le bol et mixer 10 s à vitesse 6.
  2. Insérer le fouet dans le bol. Ajouter la crème fraiche et le lait et régler 8 mn à 70°C, vitesse 2.
  3. À l'arrêt de la minuterie, faire tourner le Thermomix à vitesse 4 et ajoutez les œufs par l'orifice. Laisser tourner encore une trentaine de secondes.
  4. Étaler la crème sur le fond de tarte cuit à blanc. Enfourner et faire cuire jusqu'à ce que la crème soit ferme mais encore tremblante au centre (environ 15 mn à 175°C dans un four à chaleur tournante). Laisser quelques minutes dans le four éteint.
  5. Laisser refroidir et servir tiède ou froid.

Sur mon fil Twitter mon regard est attiré par cette accroche : Prendre son thé en wifi.

Wifi, smartphone, programmation, iKettle… assez de buzzwords pour exciter la curiosité du geek. Malheureusement, ou heureusement, il se trouve que je suis aussi un geek théophile et que cette bouilloire supposément high-tech me semble être une mauvaise solution à un problème qui n'existe pas.

Avant de pointer pourquoi cette bouilloire est une mauvaise idée, je dois signaler qu'elle fait une chose absolument indispensable à tout amateur de thé qui se respecte : choisir la température de l'eau. Chaque thé exige une température d'infusion propre. Les thés verts infusent généralement à des températures moindres (entre 55 et 80°C) que les thés noirs (85 à 95°C). Certains arômes s'évaporent ou sont dégradés dans une eau trop chaude. Vous avez probablement déjà bu un thé vert trop amer, typique d'une température trop élevée (ou d'une infusion trop longue, mais une infusion courte avec de l'eau trop chaude ruinera le thé à coup sûr). À la base d'un bon thé il y a le thé bien sûr, l'eau, sa température et la durée de l'infusion. Les bonnes maisons de thé (ma préférée étant Le Palais des Thés) vous indiqueront toujours la température et le temps d'infusion optimaux pour chaque thé (si ce n'est pas le cas, changez de fournisseur).

Vous pouvez oublier le reste des fonctionnalités de cette bouilloire. Elles sont soit inutiles, soit carrément contre-productives pour l'amateur de thé.

Les fonctions de programmation et de réveil me font penser à cette tirade de Douglas Adams tirée du Guide du routard galactique :

Tout là-bas, au fin fond des tréfonds inexplorés et mal famés du bout du bras occidental de la Galaxie, traîne un petit soleil jaunâtre et minable. En orbite autour de celui-ci, à la distance approximative de cent cinquante millions de kilomètres, se trouve une petite planète bleu-vert dont les habitants — descendus du singe — sont primitifs au point de croire encore que les montres à quartz numériques sont une vache de chouette idée.

Je croyais que le temps des cafetières avec horloge programmable était révolu, mais comme je ne bois jamais de café, je ne sais pas (vous vous réveillez avec votre cafetière vous ?). Passons sur la mauvaise idée de cumuler des fonctions multiples dans un seul appareil (chaque fonctionnalité a un coût et ça finit toujours pas tomber en panne, quand ça arrive seulement à la cheville d'un autre appareil bien mieux adapté, votre réveil par exemple). L'idée de programmer quelque chose comme le thé me semble absurde. Le thé se choisit en fonction de l'envie et du moment. Je ne sais pas, le soir, de quel thé j'aurai envie le matin, je ne peux donc pas déterminer quelle devra être la température de l'eau.

Programmer et maintenir de l'eau en température peut être néfaste à l'infusion. Un bon thé a besoin d'être infusé dans de l'eau fraiche et utilisée immédiatement. Il y a plusieurs raisons pour cela :

  • L'eau stagnante absorbe les odeurs et devient graduellement acide par absorption du CO2 de l'air. J'ai de plus des doutes sur l'idée de laisser de l'eau toute la nuit dans une bouilloire métallique, le métal étant un anathème pour le thé (les vietnamiens vous diront que le métal est incompatible avec la cuisine).
  • La teneur en oxygène dans l'eau joue sur l'expression des arômes et donc sur la qualité de l'infusion. On n'utilise jamais une eau qui déjà bouilli, car elle ne contient plus d'oxygène dissout. Chaque ébullition va diminuer quasi instantanément la quantité d'oxygène, lequel ne rediffusera que très lentement dans l'eau de la bouilloire. On ne prépare donc pas son eau à l'avance, et on ne la laisse pas bouillir à répétition.

Les autres fonctions sont pour moi de l'ordre du gadget, quand elles ne sont pas nuisibles.
Un système de notification directement sur mon smartphone lorsque l’eau est prête ? Ma bouilloire bipe quand l'eau est prête, et de toute façon je suis forcément à côté en train de préparer la théière.
Une mise en marche d'un simple clic à distance ? Je ne sais pas à quelle température chauffer l'eau avant d'avoir choisi le thé. Mais surtout, ça casse complètement un processus qui oblige le geek qui passe son temps devant son écran à se lever plusieurs fois par jour pour reposer ses yeux et son cerveau au minimum 5 mn, bouger ses fesses, boire de l'eau… Croire qu'il est bien d'automatiser au maximum la préparation du thé va totalement à l'encontre du côté cérémonial ou rituel de la démarche.

Cette bouilloire réduit le thé à sa destination, alors que pour l'amateur de thé le voyage compte au moins autant. Elle est visiblement conçue pour donner envie à la frange des geeks pour qui une longue liste de fonctionnalités sur l'emballage est source d'excitation, et… Look! Tea hacking FTW! Mais elle réduit à néant l'un des grands bénéfices de la préparation du thé : vous faire quitter ce foutu wifi pendant au moins cinq minutes !

En conclusion, si vous avez 120€ à dépenser pour ça, commencez par trouver une bouilloire à contrôle de température qui vous reviendra trois à quatre fois moins cher (les plus chères ne sont pas forcément les meilleures, il y en a des bien en dessous de 30€). Mettez le reste dans une théière (sans métal), un filtre à eau (si vous utilisez l'eau du robinet) et dans quelques thés d'exception. Et apprenez à apprécier le temps qu'il faut pour et la manière de faire un bon thé.

Metronews nous montre comment frauder à la primaire UMP pour les municipales à Paris.

La fraude exposée ici est que n'importe qui peut inscrire n'importe qui d'autre à condition de connaître son état civil (nom, adresse et date de naissance). C'est particulièrement facile dans n'importe quelle organisation ou entreprise qui possède ces informations, comme le montre Metronews qui a ainsi obtenu quatre bulletins de vote virtuels pour la modique somme de 12€ et moins d'une demi-heure de travail. Le faible intérêt qu'ont les électeurs parisiens de droite pour cette primaire, rend le poids d'un bulletin significatif. Et le petit jeu populiste de l'UMP avec le mariage pour tous leur est revenu dans la figure avec la tentation affichée de l'aile droite du mouvement d'interférer de plus en plus pour exister, par exemple en marquant le coup contre « l'abstention militante » (pouf pouf) de NKM sur cette loi.

On apprend que la faille était connue des organisateurs du scrutin :

"On peut effectivement voter pour deux personnes, mais c’est une décision qui est assumée, explique-t-on chez Docapost. Nous avons prévu le cas de couples qui n’auraient qu’un seul portable ou qu’un seul mail pour deux. Cela ne peut pas permettre une fraude à grande échelle”, veut-on se rassurer.

Ce que Metronews considère, à raison, comme une faille est en réalité conçu par les organisateurs et leur prestataire privé (Docapost, filiale de La Poste) comme une fonctionnalité. On appréciera ainsi, s'il était encore besoin après leur brillant exposé parlementaire de ces derniers mois sur leur conception de la famille, la vision particulièrement moderne qu'a l'UMP sur les couples où une seule personne peut voter pour deux (je suppose qu'ils appellent ça le « chef de famille »). J'attends avec impatience le moment où l'UMP va proposer d'étendre cette facilité à d'autres votes, parce que c'est vraiment pas pratique d'avoir à tout faire soi-même.

Pour ce qui est des arguments d'autorité, nous sommes servis par les traditionnels « dormez, tout va bien ». On a tout prévu, y compris d'intervenir arbitrairement dans la boite noire pour « rectifier » le scrutin. Je voudrais bien savoir comment ils vont faire, exactement, pour faire le tri entre les couples où un seul aura voté pour deux (un cas considéré comme légitime par l'UMP) et quelqu'un qui aura, par exemple, inscrit toute sa famille (même nom sur la CB) avec une véritable intention de frauder. Il est parfaitement possible et faisable de frauder sans qu'ils puissent garantir la sincérité du vote. Mais nous on sait, on vous dit que tout va bien, c'est un pur argument d'autorité sans aucune valeur que ce que vous voulez bien croire.

La CNIL, comme à son habitude, botte en touche :

"l’UMP a respecté la majeure partie des recommandations que la Cnil lui a faites sur les mesures de sécurité”. Concernant d’éventuelles fraudes, "des mesures raisonnables ont été prises pour s’en prémunir”.

Traduction : l'UMP n'a pas respecté toutes les recommandations de la CNIL (le nombre n'a pas d'importance, il pourraient avoir écarté des recommandations particulièrement importantes). Au passage, un autre argument d'autorité nous est servi avec « des mesures raisonnables ont été prises ». Lesquelles et en quoi sont-elles « raisonnables » (plutôt qu'effectives)?

J'espère que cette expérience pratique (dont le véritable bénéficiaire est une société commerciale qui veut gagner de l'argent avec une technologie particulièrement contestable) convaincra un peu plus de décideurs à l'UMP pour que ce ne soit plus le seul parti du paysage politique français à vouloir à toute force remplacer par ce genre de bricolage le bon vieux scrutin à l'urne transparente qui a fait ses preuves sur les plans de l'authenticité, la sécurité et l'anonymat du vote qui sont des fondements de la démocratie.

P.S. rions encore un peu avec NKM qui sent le vent du boulet et Copé qui appelle au  « sang-froid ». NKM dénonce des problèmes techniques :

«de nombreuses personnes inscrites sur le site des primaires rencontrent un important et récurrent problème technique de compatibilité de leur ordinateur pour le vote»

Alors que n'importe quel professionnel du web sait se débrouiller avec la pléthore de navigateurs utilisés par les internautes, les informaticiens pur jus qu'on retrouve inévitablement dans les structures comme Docapost sont comme à leur habitude dans leur monoculture IE/Windows et de service informatique qui croit pouvoir imposer leurs outils à tout le monde (rappelez-vous le gag de la mise à jour Java l'an dernier).
Au passage, on apprend que la CNIL n'a pas « validé » le processus.

Vous les voyez les apprentis-sorciers maintenant ?

P.S. 2 : « L'UMP brûle-t-elle à Paris ? »

Dénonçant les « défaillances incontestables » du système de vote électronique imaginé pour faire échec à toute fraude, le jeune élu du XVIIIe arrondissement, principal challenger de Nathalie Kosiuscko-Morizet demandait la suspension des opérations. Requête aussitôt écartée.

Le vote électronique est, par essence, éminemment contestable. Il n'y a donc aucune suprise à ce qu'il soit dénoncé comme suspicieux. On n'a pas fini de rire.

La Loi n° 2013-404 du 17 mai 2013(*) a été publiée aujourd'hui au Journal Officiel de la République française. La France devient ainsi le 14è pays au monde à cesser de discriminer ses citoyens, vis-à-vis du mariage, pour des raisons qui ne se résument qu'à une et une seule chose : l'homophobie.

Je ne m'ébaudirai pas cependant. Ce n'est pas comme s'il n'avait pas fallu des milliers de militants LGBT qui, depuis plus de vingt ans, on travaillé sans relâche pour que l'égalité progresse dans ce pays. Ce n'est pas non plus comme si la gauche avait toujours été claire sur le sujet. Il n'y a que les imbéciles qui ne lâchent rien changent pas d'avis, Christiane Taubira a soulevé des montagnes suffisantes à me convaincre qu'ils ont fini par comprendre. Ce n'est pas enfin comme si la France avait de l'avance ou encore la capacité à évoluer aussi dignement que les 13 pays qui l'ont précédée. Les propos de l'opposition, du même niveau de caniveau que les éructations des Frijides de la manif qui réunit la crème des homophobes conscients ou inconscients de ce pays, me confirment qu'on n'a pas le cul sorti des ronces de l'homophobie. Ce n'est pas encore aujourd'hui que je pourrais terminer ma rubrique citoyen de seconde zone, et après en avoir été un des acteurs à sa création j'ai renouvelé mon adhésion à SOS Homophobie.

En attendant que cette loi atteigne tous les territoires de la République, je me réjouis de cette étape et des perspectives qu'elle ouvre pour faire reculer l'obscurantisme et l'intolérance dans ce pays. C'est un jour à marquer d'une pierre blanche.

P.S. ce jour est même pour moi à marquer d'une double pierre blanche, mais ce sera l'objet d'une autre billet. :-)

(*) 404 Homophobia Not Found! (Je revendique la formule ;-)

47

Mes amis sont formidables, ils savent qu'un GIF animé suffit à ma félicité(*). Et ils sont trop beaux pour que je les garde pour moi.

De mes amis de Paris-Web (qui couve en son sein une confraternité du GIF animé de la mort qui tue que je vous dis pas) :

Une bande de chat ayant indéniablement fait un peu trop la fête

Nounours souriant installé dans une basket rouge t'apportant un bouquet de ballons scintillants pour te souhaite un bon anniversaire

Et de l'ami Laurent :

Happy Birthday avec des ballons, le tout dans une orgie de couleurs scintillantes

Et avec ce temps neigeux, j'ai aussi eu droit à une tweetavalanche grâce à mon homme. <3 sur vous.

P.S. et un retardataire :

Un bien beau jeune homme

(*) Félicité déjà très largement comblée par le présent séjour à Tignes et une orgie de neige (scintillante elle aussi), chose encore fort rare en Nouvelle-Calédonie malgré nos efforts émérites pour bousiller le climat.

Archives mensuelles

Commentaires récents