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    <title>François Nonnenmacher (FR)</title>
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    <updated>2023-03-07T18:47:45Z</updated>
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    <title>Changer son regard</title>
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    <published>2023-03-07T16:41:32Z</published>
    <updated>2023-03-07T18:47:45Z</updated>

    <summary>Aujourd&apos;hui j&apos;ai laissé une fraction d&apos;un rein dans de nouvelles lunettes. Les précédentes, mes deuxièmes, avaient sept ans. Mon retour à la civilisation aidant, le nouveau travail retrouvé multipliant le temps devant lézécrans et les larmes (non, c&apos;est pas le...</summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Aujourd'hui j'ai laissé une fraction d'un rein dans de nouvelles lunettes.</p>

<p>Les précédentes, mes deuxièmes, avaient sept ans. Mon retour à la civilisation aidant, le nouveau travail retrouvé multipliant le temps devant lézécrans et les larmes (non, c'est pas le boulot chef !), et la décrépitude de mes vieilles loupes premier prix achevant, il était temps de me lancer dans ma troisième itération d'un processus longtemps redouté.</p>

<p>Il y a comme une forme de deuil dans ce schéma.</p>

<p>La première phase du deuil est celle du déni de la perte de l'acuité visuelle (la presbytie dans mon cas). On résiste aussi longtemps que possible. Ma chance à ce stade a été que mon ophtalmologue m'envoie chez un orthoptiste (je vous conseille de le faire si vous pouvez). Onze séances (fort rigolotes par ailleurs) de « kinésithérapie des yeux » et j'ai gagné 18 mois de tranquillité.<br />
Mais bon, faudrait ne pas vieillir, il y a un moment où il faut bien se résigner.<br />
Étant à Nouméa où tout coûte un bras, et haïssant l'idée et la vue (pouf pouf) des lunettes, j'ai pris les loupes les moins chères que j'ai le moins détestées.</p>

<p>La seconde phase, parce qu'il arrive un moment où les classiques problèmes de maux de tête, yeux qui pleurent, etc. reviennent, est celle de la résignation sur fond de colère. De devoir recommencer ce processus médico-commercial, à reculons toujours.<br />
Rebelotte, je me hais toujours autant avec ces béquilles que je suis bien obligé de porter sur le nez. Même choix vite fait, avec un soupçon de couleur cette fois, parce que le rouge sied à ma colère. « Vous faites la 2e paire à 1 franc ? Ah ben non, on est toujours à Nouméa hein, ça vous fera juste un demi-rein. »</p>

<p>La troisième phase, qui devait être celle du marchandage, s'est transformée <i lang="en">real quick</i> en acceptation puis en découverte.</p>

<p>Après quinze ans hors de métropole, j'ai donc entamé mon troisième cycle de bigleux à Paris, découvrant par la même occasion cette industrie particulière. Après être passé dans le tunnel bien organisé de ma nouvelle mutuelle et une usine à pondre des ordonnances à la chaîne (vive la médecine libérale moderne), me voici à explorer les opticiens de la place.</p>

<p>J'ai identifié trois types d'opticiens :</p>

<ol>
<li>les chaînes genre Affreuxloup</li>
<li>les dépôts de cochonneries de marques de fringues, chaussures et parfums toutes fabriquées en Chine par les trois seuls fabricants industriels, qui se contentent de changer les branches</li>
<li>les lunetiers de quartier design / bio / végé / circuit court</li>
</ol>

<p>J'omets un quatrième type : les opticiens discount type Lunettes pour tous dont les lunettes ont l'air tellement fragiles qu'on n'ose pas les regarder de trop prêt (ce qui est problématique pour un presbyte). Et même dans le bac le plus cher, celui à 60€ où une demi-douzaine de montures se regardent en chien de faïence, il n'y avait rien qui ne me fasse pas haïr la chose encore plus.</p>

<p>Je serais resté dans l'acceptation molle et la lunette Usine 2000™ de la même forme que d'habitude si mon très estimé et néanmoins collègue Joachim ne m'avait pas poussé tête la première dans le terrier sans fond du lunetier de quartier.</p>

<p>« — Va voir ce lunetier, là. Regarde mes lunettes, ils ont des modèles de créateurs super originaux.<br />
— Euh… mais tes lunettes, là, comment dire… » dis-je en regardant ses lunettes rondes effet Harry Potter, « elles vont bien <em>sur toi</em> ! »</p>

<p>Curieux quand même, j'ai exploré les deux lunetiers de mon quartier, qui sont très exactement à l'opposé l'un de l'autre de la même rue.</p>

<p>Dans le premier, un voisin installé depuis 20 ans, m'est venue la réalisation — qui semble évidente si on omet le léger problème du deuil — que ma propre vision de moi-même avec des lunettes n'a aucune importance. J'ai d'abord résisté à sortir de ma zone de confort — « J'aime pas les rondes, ni les écailles » — puis j'ai lâché prise, laissé la vendeuse me proposer des formes que je n'aurais pas choisies spontanément, rigolé avec elle sur un « — Celles-là vous donnent l'air méchant ! — Oh, je n'ai pas besoin de lunettes pour ça, paraît-il. », m'amuser d'entendre une cliente participer aux avis sur tel ou tel modèle.</p>

<p>Je lui ai dit qu'elle a changé mon regard, avant même de changer mes lunettes.</p>

<p>Fort de cette énergie, j'ai cédé au conseil de Joachim. Et telle Alice au pays des merveilles me voilà précipité derrière le miroir de son lunetier conceptuel à designers en plein cœur de Boboland.<br />
Nouveau lâcher prise entre les mains d'un jeune qui pourrait être mon fils et me voici à explorer un terrier infernal visiblement (pouf pouf) destiné à vous ouvrir les yeux sur une multitudes de possibilités tout en les fermant sur le fait que vous allez échanger un rein pour un nouveau regard.<br />
J'ai flashé sur des lunettes d'un designer japonais, tout en titane, très steampunk avec un parfum de François Schuiten. Il me dit « Ça reste dans votre zone de confort », le fourbe.</p>

<p>Et là il me sort une monture aux antipodes de ce que j'aurais choisi au début de cette aventure. Elles sont rondes, mais pas tout à fait, il y a des écailles mais pas que, du titane… elles sont parfaites.</p>

<p>Aujourd'hui j'ai laissé un dixième de rein. Ils prélèvent le reste à la livraison dans deux semaines.</p>]]>
        
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    <title>2022, une page se tourne</title>
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    <published>2023-01-01T03:31:24Z</published>
    <updated>2023-01-01T19:58:30Z</updated>

    <summary>Ces dernières années auront apporté un tel lot de problèmes que j&apos;avais cessé de participer à la tradition des vœux de bonne année. Quand le monde cumule mauvaise année après mauvaise année, on finit par arrêter de participer à ce...</summary>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Ces dernières années auront apporté un tel lot de problèmes que j'avais cessé de participer à la tradition des vœux de bonne année. Quand le monde cumule mauvaise année après mauvaise année, on finit par arrêter de participer à ce rite social.<br />Vivre l'histoire en direct, c'est fatiguant.</p>
<p>Mars 2020 et le SARS-CoV-2, le rêve idiot de bulle sanitaire de Nouvelle-Calédonie et l'emprisonnement de facto de sa population pendant 18 mois, et l'impossibilité pour moi de trouver un travail à peu près décent à Nouméa ont marqué trois <em>annus horribilis</em> pour moi.</p>
<p>Il devenait urgent, vital même, que je me rapproche de mon centre de gravité professionnel et social, et de ma ville, pour trouver un travail où ce mouton à cinq pattes puisse se développer à nouveau.</p>
<p>Le problème du mouton à cinq pattes, c'est que c'est invendable en Nouvelle-Calédonie (ça ne fait pas bon ménage avec l'esprit « casse pas la tête » du cru). Et même à Paris, peu de sociétés se risquent à embaucher des gens qui n'ont pas été filtrés au tamis fin des règles de conformité du rouage recherché.</p>
<p>Et puis dans mes recherches, j'ai tenté ma chance auprès d'une petite société que j'admire depuis quelques baux, au point d'en avoir été client fidèle depuis 21 ans, puis revendeur pendant 16 ans pour mes propres clients. Une perle, des mieux cachées, de l'internet français.<br />J'ai envoyé une candidature spontanée en mode « quand est-ce que vous m'embauchez ? » (sic).<br />Trois entretiens et semaines plus tard, dont deux perdues à couver chacun son Covid-19, j'étais embauché.</p>
<p>J'ai signé la veille de Noël. J'ai commencé deux jours après. J'ai fêté ça seul (un autre grand changement de vie, adieu Nouméa<sup></sup>) mais sur un petit nuage.</p>
<p>J'ai terminé 2022 et je commence 2023 en tant que Head of Product chez <a href="https://www.gandi.net/">Gandi</a>.</p>
<p>Je suis <em>dans</em> le nuage maintenant !</p>
<p>À bientôt sur les internets ;-)</p>]]>
        
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    <title>Truffes au chocolat de François</title>
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    <published>2022-12-11T20:59:11Z</published>
    <updated>2022-12-31T20:24:53Z</updated>

    <summary> C&apos;est la période des truffes au chocolat. Je vous livre la recette des miennes, qui semblent plutôt bonnes vue la vitesse à laquelle elles disparaissent ! Cette recette peut être personnalisée en les parfumant selon vos goûts. Traditionnellement je...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p><a href="https://www.padawan.info/fr/2022/12/IMG_1758.jpeg"><img alt="Une boite de truffes au chocolat de François" src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2022/12/IMG_1758-thumb-500xauto-175.jpeg" width="500" height="375" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" loading="lazy" decoding="async" /></a></p>
<p>C'est la période des truffes au chocolat. Je vous livre la recette des miennes, qui semblent plutôt bonnes vue la vitesse à laquelle elles disparaissent !</p>
<p>Cette recette peut être personnalisée en les parfumant selon vos goûts. Traditionnellement je les faisais avec un alcool, mais depuis que je suis marié avec un amateur de capsaïcine, ma version au piment a un vif succès sur les papilles.</p>
<h3>Truffes au chocolat de François</h3>
<ul>
<li>400 g de chocolat noir de qualité (type Nestlé Dessert)</li>
<li>160 g de beurre doux frais</li>
<li>parfum au choix (voir suggestions ci dessous)</li>
<li>poudre de cacao (pure, Van Houten de préférence)</li>
</ul>
<p>Coupez le beurre en petits morceaux et laissez-le ramollir (il ne doit pas être fondu).</p>
<p>L'étape la plus importante est de faire fondre le chocolat <strong>sans le remuer</strong>. Sinon vous aurez des morceaux de chocolat durs dans vos truffes, et vous ne voulez pas ça.<br />J'ai deux méthodes : le chauffage doux sur plaque à induction, ou le bain-marie, par ordre de préférence.</p>
<ol>
<li>Par induction : couvrez le fond d'une grande casserole avec le parfum puis le chocolat (je ne m'embête pas à le casser, je pose les plaques et complète les bords avec des carrés) et faites-le fondre à feu très doux (1e ou 2e niveau selon votre équipement).</li>
<li>Au bain-marie : versez une cuillère à soupe d'eau ou du parfum de votre choix et le chocolat en morceaux dans un bain-marie et faites fondre doucement à feu juste frémissant.</li>
</ol>
<p>Dans les deux cas, lorsque la surface semble homogène en couleur et texture, appuyez doucement avec une spatule ou une marise pour vérifier que le chocolat est entièrement fondu jusqu'en surface. S'il reste quelques zones dures, poussez-les vers le fond et patientez. Ne mélangez jamais tant qu'il reste du chocolat non fondu !</p>
<p>Pour le parfum, voici deux suggestions :</p>
<ol>
<li>Mon préféré : le piment. Utilisez ou faites une purée au pilon avec un piment frais (rouge ou vert) et continuez à écraser le tout avec une cuillère à soupe d'huile d'olive. Pour que l'infusion soit la meilleure possible je prépare cette purée à l'avance et la met à chauffer avec le chocolat.</li>
<li>Les grands alcools classiques : whisky, Grand Marnier, cognac, kirsh… et toute association parfum/chocolat qui plaît à votre palais.</li>
</ol>
<p>Dans la casserole toujours sur le feu, versez le beurre ramolli en morceaux sur le chocolat fondu. Mélangez doucement avec une spatule ou une marise jusqu'à ce que le beurre soit complètement mélangé et l'ensemble forme une crème homogène brillante.</p>
<p>Versez la préparation dans un plat rectangulaire de taille adaptée. Il faut que la couche ait l'épaisseur du diamètre des truffes que vous souhaitez obtenir.<br />Pour améliorer le démoulage j'utilise ce genre de barquette en aluminium, ou je couvre un plat avec une feuille d'aluminium :</p>
<p><a href="https://www.padawan.info/fr/2022/12/IMG_1757.jpeg"><img alt="Barquette en aluminium" src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2022/12/IMG_1757-thumb-500xauto-177.jpeg" width="500" height="375" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" loading="lazy" decoding="async" /></a></p>
<p>Laissez refroidir pendant au moins deux heures ou une nuit dans un endroit frais <em>mais pas au réfrigérateur</em>.</p>
<p>Former des truffes rondes et les rouler dans le cacao est une expérience en soi et je vous y laisse volontiers.<br />Personnellement, terminer avec quelques millimètres de chocolat mou collé sur les mains a été très amusant il y a 30 ans. Aujourd'hui ma nouvelle méthode <del datetime="2022-12-11T12:47:05+01:00">de brute</del> <del datetime="2022-12-11T12:47:20+01:00">de paresseux</del> de geek est de démouler la plaque et la couper en carrés (qui doivent former des cubes si vous avez obtenu la bonne épaisseur avec le plat adapté).</p>
<p>Pour terminer, jetez les truffes dans un saladier avec une quantité adaptée de poudre de cacao et faites rouler l'ensemble joyeusement jusqu'à ce que les truffes soient bien détachées et enrobées de cacao.</p>
<p>Faites-les refroidir et conservez-les au réfrigérateur. La durée de conservation correspond à celle du beurre, d'où l'intérêt d'utiliser du beurre frais.<br />Pour les apprécier à la bonne consistance, laissez-les à température ambiante quelque temps avant de les déguster.</p>
<p>En joie ! comme disent les anglo-saxons.</p>]]>
        
    </content>
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    <title>Adieu</title>
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    <published>2022-08-04T20:00:31Z</published>
    <updated>2022-08-05T00:07:56Z</updated>

    <summary> J&apos;ai une sorte de sixième sens qui m&apos;a poussé à prendre des nouvelles de mon frère aîné hier, et accessoirement de « la mère ». Il me dit qu&apos;elle ne passera probablement pas la nuit. J&apos;apprends sa mort par...</summary>
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        <![CDATA[<p><a href="https://www.padawan.info/fr/2022/IMG_1604.jpeg"><img alt="Voilier, port de Loctudy, Cornouailles, France" src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2022/08/IMG_1604-thumb-autox667-173.jpeg" width="500" height="667" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" loading="lazy" decoding="async" /></a></p>

<p>J'ai une sorte de sixième sens qui m'a poussé à prendre des nouvelles de mon frère aîné hier, et accessoirement de « la mère ». Il me dit qu'elle ne passera probablement pas la nuit.</p>

<p>J'apprends sa mort par SMS ce matin.</p>

<p>Me reviennent ses « Qu'est-ce qu'on va dire aux voisins ? » et autres « Tu vas mourir seul ».<br />
Comme je l'avais prédit il y a 30 ans, c'est elle qui est morte seule.</p>

<p>Je n'éprouve rien.</p>

<p>Je pondère l'idée d'aller aux obsèques. Comme ce genre de chose est faite pour les vivants, ce serait une bonne occasion de voir la « famille », et peut-être une dernière occasion de choquer les rombières homophobes qui grenouillaient encore autour de la mère si tant est qu'elles lui aient survécu (les mauvaises herbes c'est résistant).</p>

<p>Ce midi je reprendrai deux fois des frites.</p>]]>
        
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    <title>Marcher dans Paris</title>
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    <published>2017-03-04T04:02:26Z</published>
    <updated>2022-06-12T15:36:07Z</updated>

    <summary>Je suis arrivé à Paris il y a une semaine, pour ma traditionnelle piqûre de béton et de gasoil. Il m&apos;aura fallu ce temps pour m&apos;adapter à la température glaciale du pôle Nord et passer plus d&apos;une demi-heure dehors sans...</summary>
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        <category term="Paris" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
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        <![CDATA[<p>Je suis arrivé à Paris il y a une semaine, pour ma traditionnelle piqûre de béton et de gasoil. Il m'aura fallu ce temps pour m'adapter à la température glaciale du pôle Nord et passer plus d'une demi-heure dehors sans trembler comme une feuille. Avec presque 16°C aujourd'hui, et trois couches de vêtements, c'était tout à fait supportable (je suis un frileux tropicalisé et, depuis que j'ai déménagé à Nouméa, j'ai froid en dessous de 24°C).</p>

<p>J'aime marcher dans Paris. Ça me manque. Je n'ai pas ce plaisir dans les rues de Nouméa, qui sont délabrées et dont le centre ville est une honte absolue pour une capitale qui prétend recevoir des touristes (la nouvelle municipalité semble avoir pris la mesure du problème, mais elle revient de loin et tout est à (re)faire).</p>

<p>J'aime marcher le nez en l'air, sur les façades, comme le touriste que je suis maintenant dans ma propre ville. Observer les parisiens, comme si je n'en étais pas un. Découvrir les nouveautés, les magasins qui ont fermé, les nouveaux arrivants comme ce magasin mystérieux qui, alors qu'il n'est pas encore ouvert, a levé un store que j'ai connu fermé pendant 17 ans. Et noter tous ces commerces de quartier, que je connais depuis un quart de siècle, et qui tiennent malgré vents et marées. Ma ville et ses petits villages changent subtilement, et je perçois ces changements bien mieux depuis que je n'y viens qu'une ou deux fois par an.</p>

<p>Dans le Marais, l'enseigne Uniqlo attire mon regard. Ils sont là depuis quatre ans mais je ne l'avais jamais remarqué (j'ai découvert la marque récemment au Japon). J'entre pour comparer les prix (c'est moins cher à l'aéroport ou au Japon) et je découvre <a href="http://lafabriquedeparis.blogspot.fr/2011/09/rue-des-francs-bourgeois-de-lor-dans.html">La Société des cendres</a> au sous-sol du magasin. Le capitalisme moderne a parfois de bonnes idées.</p>

<p>Et là, au bout de la rue, un tatanier en fleurs !</p>

<p><a href="https://www.padawan.info/fr/2017/03/IMG_1605.JPG"><img alt="Tatanier en fleurs, Paris le Marais" src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2017/03/IMG_1605-thumb-525xauto-162.jpg" width="525" height="394" class="mt-image-none" /></a></p>

<p>Je rigole <i>in petto</i>, en me disant que si cette espèce endémique en Nouvelle-Calédonie pousse ici, le réchauffement climatique est bien en marche. :p</p>

<p>Passage traditionnel au Palais des Thés. Je tique sur leur marketing du thé « For Him, For Her » avec Tour Eiffel et du bleu et du rouge pour bien renforcer les clichés. Je hais les théories marketing du genre.</p>

<p>Passage obligé au BHV qui semble en déménagement de rayons permanent et que, comme d'habitude, je ne reconnais pas. Leurs boutiques à façades noires de marques le long de la rue des Archives sont toujours aussi vides et toujours aussi peu aguichantes avec leurs videurs patibulaires déguisés en noir. La boutique Moncler est surréaliste, avec des vêtements en plastique style racaille, présentés comme des bijoux et vendus contre un bras et un rein par des mecs qui semblent tout droit sortis du Parrain.</p>

<p>À un moment j'ai versé une larme, de joie. J'étais juste content d'être là. Paris me manquait.</p>]]>
        
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    <title>« Juste un peu gras, mais rien de plus » — Chroniques de l&apos;homophobie ordinaire</title>
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    <published>2017-02-16T09:00:37Z</published>
    <updated>2017-02-20T20:18:57Z</updated>

    <summary><![CDATA[L'humour est une chose drôle, même quand ça ne l'est pas. Et drôlement compliquée, même pour ceux qui en font leur fond de commerce. Ce tweet, par exemple, La Saint Valentin chez le proctologue. pic.twitter.com/M2xd37s2h0&mdash; Ornikkar™ (@ornikkar) 14 février 2017...]]></summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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    </author>
    
        <category term="Citoyen de seconde zone" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
        <category term="Humour" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
        <category term="Râle" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
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        <![CDATA[<p>L'humour est une chose drôle, même quand ça ne l'est pas. Et drôlement compliquée, même pour ceux qui en font leur fond de commerce. Ce tweet, par exemple,</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">La Saint Valentin chez le proctologue. <a href="https://t.co/M2xd37s2h0">pic.twitter.com/M2xd37s2h0</a></p>&mdash; Ornikkar™ (@ornikkar) <a href="https://twitter.com/ornikkar/status/831620611353038849">14 février 2017</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>m'a fait réagir :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">Chroniques de l’homophobie ordinaire.<br><br>(D’où vient ce tropisme pour le trou du cul chez l’hétérosexuel moyen ?) <a href="https://t.co/yACXSGF4hh">https://t.co/yACXSGF4hh</a></p>&mdash; Padawan (@pdwn) <a href="https://twitter.com/pdwn/status/831625092031344641">14 février 2017</a></blockquote>

<p>Ce qui a provoqué juste un « Gné ? » et un « Quoi ? » d'Ornikkar, lequel les a supprimés depuis sans aucune réponse aux miennes. Et — alors que je me suis contenté de soulever le caractère « trou du cul » et gras <em>du dessin</em> de Geluck (il faut connaître, Ornikkar oubliant très souvent comme ici d'attribuer les dessins des autres qu'il diffuse à la chaîne sous son compte) — je me retrouve, par un procès d'intention, accusé de procès d'intention non contre le dessin ou son auteur, mais contre son diffuseur (ça au moins c'est drôle :p) :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> Quand ça plait pas, faut passer son chemin en évitant de faire trop rapidement un procès à quelqu&#39;un de &quot;clean&quot; comme <a href="https://twitter.com/ornikkar">@ornikkar</a></p>&mdash; Fanoé (@FanetteNOE) <a href="https://twitter.com/FanetteNOE/status/831721267719962624">15 février 2017</a></blockquote>

<p>Ce n'est qu'une réaction épidermique de quelqu'un qui y voit <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/832002096761298944">l'attaque d'un ami</a> plutôt que la critique d'un contenu. Je vous laisse explorer nos échanges pour voir le côté assez comique mais classique sur Twitter d'une personne qui interpelle quelqu'un d'autre pour lui dire à la fois qu'elle a le droit de s'exprimer mais que l'autre aurait dû se taire, qu'elle n'est pas d'accord mais que l'avis de l'autre est importun (je suis prié de ne rien dire quand « ça ne plaît pas » et de ne pas répondre quand on me l'intime). Les spécialistes de l'humour peuvent facilement en manquer par écrit en 140 caractères — ils sont comme tout le monde, nos écrans et la forme lapidaire de Twitter veulent ça, moi aussi je m'y emporte.</p>

<p>Pourquoi ce dessin me gêne-t-il ? Parce qu'une fois évacué le simple prétexte chronologique de la Saint Valentin, il se résume à jouer sur la peur de l'intromission anale chez l'hétérosexuel moyen. Je n'y vois absolument rien de drôle et j'attends toujours qu'on m'explique en quoi il l'est <sup>(1)</sup>. Pour moi qui reçois ce message, l'homophobie qui le sous-tend est manifeste (un mec fait une conjecture graveleuse sur le fait que <em>son</em> proctologue, un autre mec donc, va lui mettre un doigt dans le cul. Ah ah !). Mais je conçois très bien que ce ne soit pas du tout évident pour les intéressés (que je connais mieux qu'ils me connaissent, <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/831996543980945410">à l'évidence</a>, et que je ne soupçonne pas une seconde d'homophobie). C'est pour moi comme d'autres travers humains comme la culture du viol, le racisme ou l'antisémitisme qu'on trouve dilués mais prégnants dans « l'humour gras » qui fait rire le vulgaire et passer les gens comme moi pour des pisse-froids qui n'ont aucun sens de l'humour. Observez-vous et dites-moi que jamais — oh grand jamais ! — vous n'avez utilisé « salope », « enculé », « en juif » ou d'autres expressions aussi « humoristiques » que fleuries et qui parsèment notre langue comme des marqueurs d'une culture sociale dont on ne voit plus (ou ne voulons pas voir) ni l'origine ni la signification à force de les utiliser « pour rigoler ».</p>

<p>Je ne suis pas le premier et certainement pas le dernier à me retrouver à me prendre le bec sur une blague mal perçue avec des gens qui n'avaient aucune intention malicieuse à la base. Moi aussi j'ai blagué à coups de « en juif » sans réfléchir par le passé à son caractère antisémite — et <strong>pourquoi l'aurais-je fait ? Je ne suis pas antisémite !</strong> Sauf que maintenant que j'ai compris que ça blesse d'autres personnes, j'évite d'utiliser certains mots sous couvert d'humour. Et ce n'est pas facile car, j'ai beau être particulièrement sensible de <a href="/fr/citoyen-de-seconde-zone/">par mon histoire</a> sur l'homophobie, j'ai été et suis encore ignorant du poids de certaines expressions « humoristiques » qui sont ancrées comme des automatismes à force de les entendre partout.</p>

<p>C'est bien la grande difficulté de décortiquer l'humour « populaire ». Mais ça illustre aussi la nécessité de s'exprimer quand on ne trouve pas ça drôle, et encore plus quand on en est victime. Sinon on peut tout faire passer sous couvert d'humour, absolument tout, y compris via des gens bien sous tous rapports et qui n'y voient rien de mal :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> Mais croyez moi,ce dessin est juste un peu gras,mais rien de plus. Je vous souhaite le meilleur. Bises.</p>&mdash; Fanoé (@FanetteNOE) <a href="https://twitter.com/FanetteNOE/status/832011300020617216">15 février 2017</a></blockquote>

<p>La preuve donc avec Fanoé et Ornikkar, qui ne sont pas plus homophobes que Geluck mais m'ignorent, <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/831996543980945410">me rabaissent</a> ou <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/831721267719962624">veulent que je me taise</a> quand je dénonce quelque chose qui me blesse et qu'eux ne voient que comme de l'humour. C'est un très grand classique que de voir des gens, même des professionnels de l'humour, face à quelqu'un qui s'estime victime d'une blague de commencer par l'ignorer, puis le nier, puis se dédouaner au prétexte que c'était de l'humour (même en admettant, à contre cœur, que c'est gras et lourd). Ils ne le font pas par malice, ils sont juste aveugles et un peu sourds<sup>(2)</sup>. Et c'est ce qui est effrayant dans la diffusion de clichés via l'humour populaire, puisque des gens qui sont au fond sur la même longueur d'onde, sont incapables d'en discuter quand ça devient gênant.</p>

<p>P.S.</p>

<p>Kozlika fait un intéressant parallèle avec l'actualité :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-conversation="none" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> aka &quot;la défense bamboula&quot;</p>&mdash; Kozlika (@Kozlika) <a href="https://twitter.com/Kozlika/status/832125566060998657">16 février 2017</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Et elle est suivie par ce splendide exemple de défense bamboula (le monsieur m'explique que j'ai pas de vie mais se fait quand même chier à faire une image pour ça, la voici avec les fautes d'orthographes d'origine) :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-conversation="none" data-lang="fr"><p lang="und" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> <a href="https://twitter.com/FanetteNOE">@FanetteNOE</a> <a href="https://twitter.com/ornikkar">@ornikkar</a> <a href="https://t.co/kV7TVokp22">pic.twitter.com/kV7TVokp22</a></p>&mdash; Manu Brewski (@ManuBrewski) <a href="https://twitter.com/ManuBrewski/status/832331472300277760">16 février 2017</a></blockquote>

<p>P.S. 2 : deux jours après, je constate que, juste parce que j'ai décortiqué un dessin qui véhicule un cliché, je me suis fait traiter <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/832492497683283968">de con</a>, <a href="https://twitter.com/manubrewski/status/832506066638348288">d'aigri</a>, de malheureux, d'<a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/832494663538003968">imbu à gerber</a>, de quelqu'un qui n'a pas de vie et qui « <a href="https://twitter.com/manubrewski/status/832523190991724546">cultive [son] statut de victime</a> » par des gens qui ne sont pas du tout homophobes, n'ont <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/832495739590864897">pas que ça à faire</a>, <a href="https://twitter.com/fanettenoe/status/832496502903885826">et ont du cœur</a>, eux. Et Ornikkar a courageusement supprimé les deux tweets qu'il m'a envoyé et m'a silencieusement viré de ses abonnés. Du classique <a href="https://en.wiktionary.org/wiki/straightsplain">straightsplaining</a>. <em>Quand le sage montre la lune, l'imbécile regarde le doigt.</em> </p>

<p>(1) Sérieusement, surtout Fanoé et Ornikkar, expliquez-moi ce que vous trouvez drôle dans cette image, qui n'est pas la votre, au point de la défendre bec et ongles face à quelqu'un qui vous dit qu'elle est blessante ? Et sans utiliser le point « politiquement correct » s'il vous plaît, parce que mon maître à penser en matière d'humour c'est Pierre Desproges :).</p>

<p>(2) T'as vu, moi aussi je sais faire des blagues sur des minorités ! Rassure-toi si ça t'a choqué, je n'ai rien contre les handicapés, j'ai des amis sourds. C'est de l'humour, quoi, rhooo, fais pas chier. Et si tu ne comprends pas, va te faire enculer ! (Oui, je trolle chez moi si je veux :p)</p>]]>
        
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    <title>« Le problème c&apos;est la centralisation »</title>
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    <published>2016-09-27T21:25:14Z</published>
    <updated>2016-10-29T06:22:23Z</updated>

    <summary>Aujourd&apos;hui, sur une plateforme centralisée, un tweetclash involontaire entre votre serviteur et Adrienne Charmet (que j&apos;estime beaucoup, vu que j&apos;ai été parmi ceux qui l&apos;ont invité à venir parler à Paris Web, coucou Adrienne ;-) mérite une explication en plus...</summary>
    <author>
        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Web" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Aujourd'hui, sur une plateforme centralisée, un tweetclash involontaire entre votre serviteur et Adrienne Charmet (que j'estime beaucoup, vu que j'ai été parmi ceux qui l'ont invité à venir parler à Paris Web, coucou Adrienne ;-) mérite une explication en plus de 140 caractères…</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">Énième censure de <a href="https://twitter.com/hashtag/Facebook?src=hash">#Facebook</a>. Ça devient n&#39;importe quoi décidément. Décentralisons d&#39;urgence... <a href="https://t.co/A3TuvCF3fW">https://t.co/A3TuvCF3fW</a></p>&mdash; Adrienne Charmet (@AdrienneCharmet) <a href="https://twitter.com/AdrienneCharmet/status/780663908239544321">27 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">Le problème n’est pas la centralisation ou la décentralisation, c’est l’éducation à la publication en ligne. <a href="https://t.co/LuY7TyssRa">https://t.co/LuY7TyssRa</a></p>&mdash; Padawan (@pdwn) <a href="https://twitter.com/pdwn/status/780711414868697089">27 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Mon problème est que « la centralisation » est une généralisation et un concept-valise flou pour moi quand on parle de réseaux sociaux. Il existe plusieurs acteurs concurrents, que le capitalisme pousse naturellement à chercher à avoir la plus grande part du gâteau. Et il existe d'autres moyens de publier en ligne que ces acteurs. Le problème pour moi, c'est un manque d'éducation, de connaissance de ces possibilités.</p>

<p>Passons sur le problème habituel de ce genre de discussion en 140 caractères, mon style rugueux et l'emploi de termes comme moutonnier ou naïveté qui rendent mon propos condescendant.</p>

<p>Quand je fais le constat que Facebook et consorts profitent (rappelons que ce sont des sociétés capitalistes, pour qui profiter n'est pas un gros mot) d'un comportement « moutonnier » de la masse, je ne découvre rien. L'instinct grégaire est un fait humain, il n'y a aucune injure là-dedans ni aucun lien avec l'intelligence (ou un supposé manque). Les réseaux sociaux qui trustent l'attention réussissent parce qu'ils sont les meilleurs à comprendre les comportements humains et ses effets de masse.</p>

<p>Quand je dis qu'il faut éduquer les gens à la publication en ligne, pour leur donner les clés qui leur permettront de ne pas <a href="http://www.racontemoilhistoire.com/2016/09/26/raconte-lhistoire-victime-censure/">se faire piéger comme ceci</a>, ça n'est pas non plus faire insulte à leur intelligence. Car sans intelligence, l'apprentissage n'est pas libératoire. Et <a href="https://www.laquadrature.net/">La Quadrature du Net</a> joue un rôle dans cette éducation du public.</p>

<p>C'est me faire un bien mauvais procès que de croire que je fais partie de ces « hauts esprits qui - seuls dans leur tour - ont la Vérité ». Et si Adrienne veut bien se mettre à ma place, <a href="https://twitter.com/adriennecharmet/status/780715623341056000">prétendre que je n'ai jamais discuté avec des gens normaux</a> est un tantinet condescendant aussi car j'en connais plein, et l'immense majorité sait très bien que Facebook est une société privée et pas un service public pour la promotion de la liberté d'expression.</p>

<p>Je réagissais surtout à cette tendance très française à considérer tout selon le prisme état-providence et régulation, et à avoir une lecture purement franco-française, et donc sommaire, de phénomènes mondiaux. Ici par exemple, violer les conditions générales d'un service privé de droit américain est appelé sommairement « censure ». Les américains ont un vrai problème avec le sexe, et les français ont un peu de mal à comprendre que <a href="http://www.racontemoilhistoire.com/2015/04/27/clitoris-au-fil-siecles-decouverte-mauvaise-reputation/">les illustrations de ce genre</a> ne passent pas sur Facebook. C'est connu, c'est culturel, c'est peut-être problématique de notre point de vue français, mais en quoi rappeler que Facebook est une société privée de droit américain avec la conception américaine de la liberté d'expression est-il prendre les gens pour des idiots ? Et en quoi leur rappeler qu'ils ont d'autres moyens pour publier en ligne est-il les culpabiliser ou les priver d'autonomie ?</p>

<p>Je crois, au contraire, que hurler à la censure et appeler à « décentraliser d'urgence » sans plus d'explications, ou faire croire aux gens qu'ils peuvent se passer de lire et comprendre les conditions d'utilisation d'un service privé, c'est à la fois les prendre pour des idiots et les infantiliser.</p>

<p>Je crois que l'éducation est le moyen le plus puissant d'autonomiser les gens. Et, pour être franc, je ne crois pas à <em>la décentralisation</em> quand on parle de réseaux sociaux <em>de masse</em>. Je crois que c'est faire une erreur classique de geek que croire qu'on sait mieux que ces mékeskidis ce qui est bon pour eux. (Et ne parlons pas de la capacité du geek moyen à comprendre la psyché humaine — oui, je trolle chez moi si je veux ;-).</p>

<p>Ceci dit, je suis parfaitement d'accord avec ça :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-conversation="none" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> Donc proposer des alternatives décentralisées et accompagner le changement, c&#39;est absolument nécessaire. Et ça autonomise, aussi.</p>&mdash; Adrienne Charmet (@AdrienneCharmet) <a href="https://twitter.com/AdrienneCharmet/status/780715762050793473">27 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Bon courage quand même à ceux qui vont continuer à travailler sur ces solutions (parce que ça a déjà été tenté, avec un succès très relatif, cf. par exemple <a lang="en" href="https://en.wikipedia.org/wiki/Diaspora_(social_network)">Diaspora</a>). En attendant, on peut déjà et beaucoup plus facilement éduquer les gens à publier <strong>chez eux</strong>, et pas chez Fessebouc.</p>

<p>Voilà chère Adrienne, en espérant ne pas t'avoir froissée et au plaisir de te revoir à Paris Web, ou sur cet affreux outil capitaliste et centralisé qu'est Twitter !</p>

<p>P.S.</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> Merci ! N&#39;ayant pas des masses de temps pour te répondre, je t&#39;invite à lire ça <a href="https://t.co/YHpL5nr93E">https://t.co/YHpL5nr93E</a> (pour nourrir la réflexion)</p>&mdash; Adrienne Charmet (@AdrienneCharmet) <a href="https://twitter.com/AdrienneCharmet/status/780747933952118784">27 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>P.S. 2. Et je connais des gens tout à fait intelligents et avec des moyens (dont chacun leur propre site web, essentiel à leur activité ou payé sur deniers publics), qui eux-mêmes ne comprennent pas les conséquences de leur (mauvaise AMA) utilisation des réseaux sociaux. Il suffit d'observer les comptes Twitter du <a href="https://twitter.com/congresnc">Congrès de Nouvelle-Calédonie</a> ou de <a href="https://twitter.com/nc1ere">NC1ère</a> pour voir régulièrement des tweets qui renvoient vers Facebook (et souvent sur une page d'erreur) plutôt que directement vers leur propre site web. Sans compter que beaucoup de Twittos sont ici précisément parce qu'ils évitent Facebook comme la peste.<br />
Je comprends le calcul qui consiste à aller là où sont les gens, mais il y a une différence entre distribuer ses flyers dans les bars, et déplacer l'intégralité de son spectacle dans un seul et unique bar en croyant 1) que tout le monde va suivre et 2) que c'est durable.</p>]]>
        
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    <title>Les mots ont un sens. Aujourd&apos;hui : “hacker”</title>
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    <id>tag:padawan.info,2016:/fr//2.4115</id>

    <published>2016-09-19T22:44:21Z</published>
    <updated>2017-03-18T05:11:06Z</updated>

    <summary>Tout à l&apos;heure, sur France Info, une radio que j&apos;apprécie généralement pour sa qualité, j&apos;entends l&apos;accroche suivante qui m&apos;a fait bondir : « Fausse alerte à Paris, la piste des hackers explorée ». Le reportage parle finalement de « pirates...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Politique" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
        <category term="Râle" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Tout à l'heure, sur France Info, une radio que j'apprécie généralement pour sa qualité, j'entends l'accroche suivante qui m'a fait bondir : « Fausse alerte à Paris, la piste des hackers explorée ». Le reportage parle finalement de « pirates », mais l'article en ligne utilise à nouveau ce terme : <a href="http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/fausse-alerte-attentat-a-paris/fausse-alerte-a-paris-deux-hackers-pretendent-etre-a-l-origine-du-canular_1831463.html">Fausse alerte à Paris : deux hackers prétendent être à l'origine du canular</a>.</p>

<p>Un “hacker”, en anglais, n'est rien d'autre qu'un bricoleur. Si vous savez changer une bougie dans votre voiture ou, de nos jours, une batterie de smartphone, vous êtes un hacker. Ça n'a strictement rien à voir avec un quelconque piratage. Et les hackers ne sont pas des pirates, c'est un amalgame idiot.</p>

<p>Parler de « piste des hackers » pour un canular de deux jeunes crétins est aussi stupide que qualifier de « piste des bricoleurs » l'exhibition sexuelle de Robert Rochefort chez Castorama. Là où ça devient dangereux, quand on sait que tous les gens un tant soit peu curieux et bricoleurs sont des hackers, c'est qu'il va se trouver des politiciens pour diaboliser « tous ces hackers » tout comme certains font l'amalgame « musulman = terroriste ».</p>

<p>Les mots ont un sens. Vous, journalistes, devriez le savoir mieux que les autres. En ne faisant pas votre travail correctement, vous portez une énorme responsabilité dans la soupe d'amalgames et d'approximations dans laquelle nous nageons actuellement, et qui fait le bonheur des populistes de tout poil.</p>

<p>P.S. BFMTV fait encore pire :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr">une news de <a href="https://twitter.com/BFMTV">@BFMTV</a> &quot;Hugo un hacker professionnel de 17 ans&quot; <a href="https://t.co/xWQPQqpdIo">pic.twitter.com/xWQPQqpdIo</a></p>&mdash; Olivier Laurelli (@bluetouff) <a href="https://twitter.com/bluetouff/status/778385818146705409">21 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>]]>
        
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    <title>Critiquer la religion</title>
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    <published>2016-09-05T13:02:12Z</published>
    <updated>2022-06-12T10:22:58Z</updated>

    <summary>J&apos;ai l&apos;immense chance de vivre dans un pays laïc où je peux, librement et publiquement, critiquer la religion et blasphémer autant de fois que je veux avant le petit-déjeuner (mais en 140 caractères seulement sur Twitter). La France a beau...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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    <category term="athéisme" label="athéisme" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#tag" />
    <category term="religion" label="religion" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#tag" />
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>J'ai l'immense chance de vivre dans un pays laïc où je peux, librement et publiquement, critiquer la religion et blasphémer autant de fois que je veux avant le petit-déjeuner (mais en 140 caractères seulement sur Twitter). La France a beau être en tête du tableau des pays où l'athéisme gagne, il reste toujours des croyants pour réagir de manière pavlovienne à la moindre critique <em>systémique</em> de la religion. Critiquez le <em>système</em>, l'église et sa hiérarchie, son dogme, ses prises de position publiques (et forcément politiques) et ils le prendront automatiquement pour une critique de leur foi personnelle. C'est même une telle constante sur les réseaux sociaux qu'elle me pousse à sortir de ma retraite pour coucher ces réflexions sur ce blog. Histoire de pouvoir faire du <em>page-slapping</em> comme certains manipulent le goupillon.</p>

<p>D'abord, quelques éléments personnels pour me situer sur le sujet. Je suis athée. Je ne l'ai pas toujours été. J'ai été croyant. J'ai reçu une éducation catholique en bonne et due forme. Embrigadé dès ma naissance par mes parents, comme l'immense majorité des croyants, j'ai eu droit à un parcours extensif à faire pâlir d'envie un club Mickey : baptème, catéchisme, confirmation, pèlerinages et retraites (la communauté de Taizé c'est quand même vâââchement plus sympa que Chartres). J'ai joué de la pompe à cantiques tous les dimanches matin pendant un nombre incalculable d'offices et même été enfant de cœur jusqu'à 21 ans. C'est vous dire que j'ai eu la foi et que je sais ce que c'est que de croire. S'il existait un Club Med Catho, j'aurais été <abbr title="Gentil Organisateur">G.O.</abbr> dans un 5✝. La seule chose que j'ai apparemment raté dans cette belle éducation catholique, c'est que je n'ai jamais eu la moindre expérience sexuelle avec un prêtre. Enfin, pour être honnête c'est faux, mais ce que monsieur le curé et moi faisons avec nos culs entre adultes consentants ne regarde que nous (l'idée d'un Club Med Catho interdit aux enfants est à creuser).</p>

<p>Le dernier exemple en date qui m'a poussé à écrire ceci, commence avec mon retweet de ceci :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="en" dir="ltr">Well, that escalated quickly <a href="https://t.co/a1n1Nhm8Sf">pic.twitter.com/a1n1Nhm8Sf</a></p>&mdash; olivier (@laflijan) <a href="https://twitter.com/laflijan/status/772380555111530496">4 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Ce qui me vaut cette citation, à laquelle je tente d'expliquer qu'il y a une différence entre critiquer l'église et être « anti-catholique primaire » :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/grebert">@grebert</a> <a href="https://twitter.com/laflijan">@laflijan</a> sur l’anti-catholicisme il faut séparer la hiérarchie (les cadres) de l’église des croyants. Aucun pb avec ces derniers…</p>&mdash; Padawan (@pdwn) <a href="https://twitter.com/pdwn/status/772573868120616960">4 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Sans succès. Un vieux souvenir de charité chrétienne m'empêche de décortiquer l'ensemble au fer rouge façon inquisition, mais le raisonnement circulaire (l'aspect « céleste » de la sainteté), les incohérences (on n'aurait pas le droit de critiquer « culturellement » une chose qui n'est rien d'autre que de la culture, voire du folklore), la très rigolote invocation de misogynie qu'on croirait copiée/collée du manuel du militant Ségoléniste et, sujet de ce billet, l'incapacité de comprendre une critique du système (la canonisation expresse et en dehors des règles même du système d'un personnage contestable et contesté) autrement que par un « anti-catholicisme primaire » montrent qu'il est tout à fait possible d'être aveugle tout en étant illuminé. Ce qui, et LMPT ne lâche rien pour nous le prouver tous les jours, est le mystère le plus trivial de la foi.</p>

<p>Nous sommes passés de la religion en tant qu'appréhension de la foi et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mystique">mystique</a>, choses éminemment <em>humaines et personnelles</em>, à une injonction de croire. Tu ne crois pas, ou tu n'as pas la même interprétation que moi ? Je te somme de croire, ou alors va au diable ! Il est difficile de débattre avec ce genre de croyant (même ceux qui <a href="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/09/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202016-09-05%20%C3%A0%2016.14.34-160.html" onclick="window.open('https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/09/Capture%20d%E2%80%99%C3%A9cran%202016-09-05%20%C3%A0%2016.14.34-160.html','popup','width=896,height=403,scrollbars=yes,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false">se prétendent "laïque"</a>) :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" data-conversation="none" data-lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/skeptboarder">@skeptboarder</a> <a href="https://twitter.com/pdwn">@pdwn</a> <a href="https://twitter.com/laflijan">@laflijan</a> il suffit de vous lire pour confirmer qu&#39;il s&#39;agit bien d&#39;anti-catholicisme primaire. je n&#39;ai rien à ajouter</p>&mdash; Christophe Grébert (@grebert) <a href="https://twitter.com/grebert/status/772578862622441472">4 septembre 2016</a></blockquote> <script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Je voudrais donc dire ceci à tous les croyants qui se sentent attaqués dès qu'on ose émettre une critique sur leur clergé : si vous vous sentez offensés quand on critique ce dernier, c'est que votre foi a le panache et la solidité d'un flamby devant une petite cuillère. J'en veux pour preuve tous mes amis croyants qui sont suffisamment à l'aise avec leur foi (et moi avec la leur) pour être capables, eux-mêmes, de critiquer leur clergé quand celui-ci déconne.</p>

<p>Apprenez qu'on peut être à la fois anti-<strong>clérical</strong> — ce qui ne veut pas dire anti-catholique — <em>et</em> respecter l'idée de la foi chez les autres. Et ce n'est pas le moindre des mystères de la laïcité. Ou de l'athéisme.</p>

<p>P.S. et je remarque, avec amusement, que je n'ai jamais jamais reçu la moindre injonction de croire de la part d'un musulman. Uniquement de catholiques. Je vous recommande vivement la lecture de <a href="http://www.algerie-focus.com/2016/08/lislam-na-besoin-de-etre-defendu/">cet article</a> et vous laisse comme exercice de voir à quel point ces réflexions s'appliquent tout aussi bien à <em>certains</em> catholiques.</p>]]>
        
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    <title>Concours, classement, « grandes écoles » : les ingrédients de la faillite française</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.padawan.info/fr/2016/02/concours-classement-grandes-ecoles-les-ingredients-de-la-faillite-francaise.html" />
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    <published>2016-02-03T12:38:49Z</published>
    <updated>2016-09-02T09:02:22Z</updated>

    <summary>C&apos;est le titre, un peu racoleur, d&apos;une tribune de François Garçon. En tant que pur produit de l&apos;éducation élitiste à la française — j&apos;ai fait deux années de prépa Math Sup / Math Spé P+ suivis de trois ans d&apos;école...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Politique" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
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        <![CDATA[<p>C'est le titre, un peu racoleur, d'<a href="http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1476417-concours-classement-grandes-ecoles-les-ingredients-de-la-faillite-francaise.html">une tribune de François Garçon</a>. En tant que pur produit de l'éducation élitiste à la française — j'ai fait deux années de prépa Math Sup / Math Spé P+ suivis de trois ans d'école d'ingénieur après le concours des grandes écoles, un DEA, un Master et un début de thèse au CNRS — elle n'a pas manqué de me faire réagir.</p>

<blockquote>Les classes préparatoires, intraduisibles dans aucune langue tant elles recouvrent une éducation bizarre qui pré-sélectionne les meilleurs lycéens, puis les gave de cours et de colles comme le font avec leurs volatiles les éleveurs d’oies dans le Périgord. Après deux ans de ce traitement opéré dans l’enceinte des lycées, ces jeunes se lancent à l’assaut des concours.<br />
 <br />
Les concours sont la troisième formule gagnante. Ils ont été inventés, nous dit-on, par Vauban en 1697 pour recruter ses ingénieurs [1]. Ceux qui y excellent seraient tout simplement plus intelligents que ceux qui échouent. Les intéressés le croient dur comme fer et, le plus comique, c’est que leurs parents en sont pareillement persuadés.</blockquote>

<p>Si la comparaison avec le gavage des oies en classe préparatoire m'a fait rire (on peut effectivement le ressentir comme ça), je pense que l'auteur jette vite le bébé — les citoyens — avec l'eau du bain — le système éducatif, en particulier celui qui paye son salaire.</p>

<p>Certains parents pensent-ils en effet que leurs enfants sont plus intelligents pour de mauvaises raisons. De mes observations de cette faune étrange que sont les gens avec progéniture, je dirais que c'est vrai de la plupart d'entre eux. Même de ceux dont les enfants ont fait ébénisterie sur contreplaqué. Mes parents, qui n'étaient pas la moitié d'un con, pensaient plus pragmatiquement que dans un pays de diplôme, plus ton <abbr title="diplôme">PQ</abbr> est bien vu, plus tu as le choix et les mains libres dans le monde professionnel. Ils ne me pensaient pas plus intelligent pour autant, ils voyaient juste comment fonctionnent les recruteurs et les entreprises. Et c'est très exactement mon expérience, <em>en France</em>.</p>

<blockquote>Les professeurs, dans ce parcours parallèle se déroulant en lycée, eux, corrigent beaucoup de copies, ne publient rien, régurgitent ce que les universitaires dans leurs facultés ont cherché et publié et, pas fous, comptent leurs sous. Avec leurs colles, ces professeurs qui ne publient rien (dans le monde entier, les professeurs au niveau tertiaire cherchent et publient. Ils sont même payés pour ça, et enseignent évidemment), gagnent généralement plus qu’un professeur d’université en fin de carrière qui, lui, publie, fait de la recherche, anime un laboratoire, organise des colloques, relit les travaux de ses pairs, prépare la relève. Cherchez l’erreur.</blockquote>

<p>Ça c'est un problème de gestion interne à l'université, je ne vois pas le rapport avec les concours et les grandes écoles, ni même avec le lycée ! Je ne vois qu'une récrimination salariale et l'habituelle jalousie qui a toujours existé entre l'université et les écoles d'ingénieurs. La preuve de la jalousie par quelqu'un qui fait montre d'une méconnaissance totale de ce sur quoi il crache est dans le « une longue sieste généralement de trois ans au Club Méditerranée » censé représenter le parcours d'un khâgneux après le concours. C'est tellement aux antipodes de la réalité que c'en est risible. Si ça peut vous rassurer, il existe les mêmes préjugés idiots chez certains ingénieurs vis-à-vis de ces clubs de vacances que seraient les universités.</p>

<p>J'ai aussi beaucoup ri de l'attaque sur les concours de la part de quelqu'un qui fait la démonstration que l'université est capable de totalement vider ses examens de leur sens :</p>

<blockquote>Chargé de conférences à l’X pendant vingt ans dans le département Humanités Sciences Sociales, j’ai souvenance d’une circulaire dans les années 1990 nous demandant, à mes collègues et à moi-même, de mettre un point aux étudiants venus à chacun de nos cours. Le semestre s’étendant sur 13 semaines, l’étudiant qui rendait une copie blanche ou l’équivalent, pouvait négliger voire saboter son examen terminal avec la garantie d’un 13 sur 20. Sans commentaires.</blockquote>

<p>Ceci dit, j'agrée avec sa formule sur le degré de conformisme à la machine scolaire française, qui en final résume très exactement ce que ses architectes ont voulu : de braves petits soldats obéissants (Napoléon le premier, littéralement) dans un système fonctionnant quasi exclusivement sur l'argument d'autorité. Et quoi de mieux qu'un joli diplôme avec les bons tampons pour assoir son autorité sans se fatiguer, <em>en France</em> ?</p>

<p>J'ai un diplôme d'ingénieur des industries chimiques doublé d'un DEA en génie des procédés. En d'autres termes, on m'a appris à construire des usines à gaz (des vrais) dans le but que j'aille participer à l'enrichissement en produits divers et variés de la nappe phréatique de la vallée de la chimie à Lyon (Rhône Poulenc trustait les sièges au conseil d'administration de mon école, ce n'est aucunement un hasard). J'avoue, sans aucune honte, que le génie chimique — qui est l'art de touiller et transporter la merde sans en foutre partout — m'a toujours prodigieusement désintéressé, et que j'ai tout fait pour me diriger vers ce qui était une passion depuis mes 14 ans : l'informatique. L'un de mes profs accusait ces « parasites » qui gaspillent l'argent public en n'allant pas travailler dans l'industrie à laquelle ils ont été formés. Lui aussi ne regardait que son petit nombril.</p>

<p>Plus tard, au gré d'un changement professionnel, j'ai eu la possibilité d'aller vers un truc qui me passionnait aussi : internet. Mais le problème, typiquement français, c'est que je n'avais pas les diplômes. J'ai donc passé sept mois à faire un master type <abbr title="Direction des Systèmes d'Information">DSI</abbr> (gestion des systèmes d'information/télécommunications/réseaux) dans le seul but de ne pas avoir à me justifier. Je n'y ai strictement rien appris (sauf les délires Minitel sur 20 ans des <abbr title="X est le surnom donné aux élèves de l'école Polytechnique">X</abbr> de France Telecom, que les clients d'Orange payent encore), mais je suis entré chez Apple, Netscape et CapGemini avec mon diplôme de <strike>touilleur de merde</strike> génie chimique.</p>

<p>J'ai appris à apprendre, voilà la quintessence de mes études supérieures. Et j'ai pu, avec un diplôme d'ingénieur en poche, faire de multiples boulots complètement différents, entre développer et construire des imprimantes 3D 25 ans avant tout le monde, à organiser une conférence Web, en passant par développer la plateforme de blogs d'un grand journal. Demain, comme je blague souvent (mais à moitié seulement), je vendrai peut-être des t-shirts ou je ferai un site de cul. C'est toute la beauté de l'éducation que j'ai reçue, m'avoir donné les moyens de me démerder aussi bien en France qu'à l'étranger. Peut-être même mieux à l'étranger, où l'on apprécie particulièrement la productivité et la capacité d'analyse des français, ce qui explique probablement pourquoi les français sont recherchés dans des domaines comme l'informatique (ça et la désaffection des dinosaures qui nous gouvernent pour ce genre de domaine technique).</p>

<p>Le vrai problème que je vois ici, c'est cette France bloquée dans les années 70 et sa manie de se regarder le nombril, entre chapelles et villages gaulois. À commencer par cette éternelle guerre entre l'université et les grandes écoles, et ce énième marronnier sur concours vs examens.</p>]]>
        
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    <title>De l&apos;éthique des journalistes, ou comment Le Parisien diffame sans (se) poser de question</title>
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    <published>2016-01-14T11:43:15Z</published>
    <updated>2022-06-12T10:22:29Z</updated>

    <summary>Il y a dix ans, quand les blogs étaient au pic de leur mode en France, les blogueurs étaient systématiquement raillés par certains journalistes (dont beaucoup raillaient le web en général, soit qu&apos;ils n&apos;y comprenaient rien, soit qu&apos;ils avaient au...</summary>
    <author>
        <name>François Nonnenmacher</name>
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    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Il y a dix ans, quand les blogs étaient au pic de leur mode en France, les blogueurs étaient systématiquement raillés par certains journalistes (dont beaucoup raillaient le web en général, soit qu'ils n'y comprenaient rien, soit qu'ils avaient au contraire bien identifié une menace pour leur rôle de gardiens du temple médiatique). Vous comprenez, un blogueur ça n'est pas objectif, ça ne vérifie pas ses informations, ça n'a aucune éthique. Alors qu'un journaliste dûment encarté, c'est tout l'inverse.</p>

<p>Dix ans après, Le Parisien nous offre une brillante démonstration d'éthique journalistique et de connaissance du web. Commençons par examiner <a href="http://www.leparisien.fr/services/ethique/ethique.php">l'éthique du Parisien</a> (drôlatiquement titrée « Charte de modération »), où l'on peut lire ceci (je souligne) :</p>

<blockquote>En tant qu'éditeur en ligne, nous nous engageons notamment à respecter les règles éditoriales en vigueur au quotidien " le Parisien " . C'est-à-dire à <strong>faire le maximum pour vérifier la validité des informations</strong>, respecter les règles de la déontologie journalistique, <strong>ne pas porter atteinte aux droits et à la dignité des personnes</strong> ainsi qu'informer les internautes de la nature éditoriale ou publicitaire du contenu.<br /><br />

Nous nous engageons également à <strong>faire le plus possible pour garantir la fiabilité des informations et des services fournis par des tiers</strong>.</blockquote>

<p>Le 5 octobre dernier, Le Parisien publie un article intitulé <a href="http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/10-millions-d-euros-pour-securiser-le-net-francais-05-10-2015-5155001.php" rel="nofollow">10 millions d'euros pour sécuriser le Net français</a>. Un passage attire particulièrement mon attention (je souligne) :</p>

<blockquote>Sauf que... Bercy s'est fait taquiner — troller, en langage geek. Le nom de domaine « république-numérique », avec accents, avait en effet été réservé par un petit malin, taquin mais <em>pas désintéressé</em>, <strong>qui avait finalement proposé une transaction financière au ministère</strong>. « Non » ferme de Bercy qui, pour conserver un nom de domaine identique, a donc <strong>dû renoncer aux accents pour héberger son projet de loi</strong> (www.republique-numerique.fr). Sur ce coup, pas de brèche dans la sécurité numérique, juste un petit loupé... d'anticipation.</blockquote>

<p>Il se trouve que le « petit malin » dont parle <a href="https://twitter.com/matthieupelloli?lang=fr" rel="nofollow">Matthieu Pelloli</a>, c'est moi. Il aurait suffit à ce journaliste — qui est « journaliste au pôle enquêtes du Parisien » et doit donc savoir ce qu'est enquêter — d'une minute pour consulter n'importe quel annuaire <a href="https://www.gandi.net/whois/details?search=xn--rpublique-numrique-bwbm.fr">WHOIS pour le domaine république-numérique.fr</a> et obtenir mes coordonnées complètes, incluant une adresse e-mail et mon numéro de téléphone, ainsi que la date et l'heure de dépôt de ce nom de domaine. Ou il lui aurait suffit de se rendre sur <a href="http://république-numérique.fr/">république-numérique.fr</a> et cliquer sur l'adresse de contact pour m'envoyer un courriel.</p>

<p>Prétendre que j'aurais proposé une transaction financière au ministère est faux et diffamatoire. Je n'ai jamais réclamé un centime à qui que ce soit pour un nom de domaine. Je n'ai jamais communiqué avec le ministère, et je mets Matthieu Pelloli au défi de prouver ses dires. Qu'un journaliste faisant partie d'un service d'enquête ne se soit même pas posé la question du caractère diffamatoire de ce qu'il écrit sans chercher à contacter la personne mise en cause m'échappe.</p>

<p>Prétendre également qu'à cause de moi le ministère aurait dû renoncer à utiliser république-numérique.fr plutôt que republique-numerique.fr est également faux, et c'est trivial à prouver. J'ai déposé république-numérique.fr le 26/9/2015 à 12h23. Précisément, juste après avoir lu ce tweet :</p>

<blockquote class="twitter-tweet" lang="fr"><p lang="fr" dir="ltr"><a href="https://twitter.com/ericfreyss">@ericfreyss</a> Déjà, ça devrait s&#39;appeler république-numérique.fr&#10; :-) Tiens, le nom est libre... (rire sardonique)</p>&mdash; Stéphane Bortzmeyer (@bortzmeyer) <a href="https://twitter.com/bortzmeyer/status/647740871073492992">26 Septembre 2015</a></blockquote>
<script async src="//platform.twitter.com/widgets.js" charset="utf-8"></script>

<p>Là aussi j'aimerais que Matthieu Pelloli m'explique comment il peut conclure que le ministère aurait ainsi dû renoncer à un nom qui était encore dans le domaine public <em>après le lancement d'un projet sur lequel ils travaillaient et communiquaient depuis des mois</em>. L'explication est beaucoup plus triviale, et je l'ai obtenue du développeur du site lui-même : personne n'avait pensé (ou ne s'était rappelé) que le domaine .fr accepte les accents depuis plusieurs années (mai 2012 exactement). Même ceux qui veulent légiférer avec une ambition savamment affichée sur la République Numérique ! Ils ne s'en sont rendus compte qu'en découvrant mon site.</p>

<p>Je peux spéculer sur ce qui a poussé M. Pelloli à publier de fausses informations et à me diffamer sans avoir fait le moindre effort pour vérifier ses « informations ». Il est probable que quelqu'un au ministère lui a raconté n'importe quoi (plutôt que d'admettre qu'ils ont fait une erreur), et qu'il n'a rien vérifié.</p>

<p>Je me demande aussi pourquoi Le Parisien n'a pas publié, dans les trois jours comme la loi l'y oblige, le droit de réponse que je lui ai communiqué le 31 décembre par courriel, appuyé par une LRAR reçue le 4 janvier.</p>

<p>Mais c'est vrai que je ne suis qu'un blogueur. Qu'est-ce que j'y connais, moi, à l'éthique journalistique ?</p>

<p>Voulez-vous savoir pourquoi j'ai déposé république-numérique.fr ? Pour rappeler à des gens qui légifèrent tambour battant sur mon domaine professionnel et que je trouve d'habitude très franco-français (ces gens, pas mon domaine), qu'on pouvait faire beaucoup plus de choses en France et en français sur le web. Comme, par exemple et tout simplement, parler français dans les adresses des sites. Et voulez-vous savoir quelle est la plus grande ironie de cette histoire ? C'est Le Parisien qui nous l'offre en étant le seul journal français a avoir publié l'adresse république-numérique.fr avec accents comme étant l'adresse officielle, renvoyant ainsi innocemment les internautes vers… mon site :</p>

<p><a href="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/01/a98655471b77702ddbb8d1eb59e269c7e0158546-153.html" onclick="window.open('https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/01/a98655471b77702ddbb8d1eb59e269c7e0158546-153.html','popup','width=1024,height=769,scrollbars=yes,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/01/a98655471b77702ddbb8d1eb59e269c7e0158546-thumb-500xauto-153.jpg" width="500" height="375" alt="république-numérique-le-parisien.jpg" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" /></a></p>

<p>Ça n'a pas échappé aux confrères de M. Pelloli, <a href="http://rue89.nouvelobs.com/2015/09/28/republique-numerique-projet-est-loi-miettes-261410">sur Rue89 le 29 septembre</a>. Ah pardon, Stéphane Bortzmeyer n'est pas journaliste, c'est un vulgaire blogueur ! ;-p</p>]]>
        
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    <title>Faire son pain</title>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.padawan.info/fr/2016/01/faire-son-pain.html" />
    <id>tag:padawan.info,2016:/fr//2.4109</id>

    <published>2016-01-06T14:43:55Z</published>
    <updated>2022-06-12T14:50:04Z</updated>

    <summary>Il y a quelques mois, chez une des témoins de mariage de mon mari mais néanmoins amie, je suis tombé sur ce livre : Les meilleures recettes de pain autour du monde. Je devais avoir l&apos;air d&apos;un gamin diabétique devant...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Cuisine" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Il y a quelques mois, chez une des témoins de mariage de mon mari mais néanmoins amie, je suis tombé sur ce livre : <a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2501099869/ref=as_li_tl?ie=UTF8&camp=1642&creative=6746&creativeASIN=2501099869&linkCode=as2&tag=padawaninfo-21">Les meilleures recettes de pain autour du monde</a><img src="http://ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=padawaninfo-21&l=as2&o=8&a=2501099869" width="1" height="1" border="0" alt="" style="border:none !important; margin:0px !important;" />.</p>

<p>Je devais avoir l'air d'un gamin diabétique devant la vitrine d'une confiserie, parce qu'à peine l'avais-je ouvert qu'elle me dit « Il te plaît ? Je te l'offre. » (<3 sur toi, Amel.)</p>

<p>De retour à Nouméa, j'ai réalisé une douzaine de recettes, et je suis bien parti pour vouloir en tester au moins la moitié<sup><a href="#n1" id="r1">[1]</a></sup>. Au grand dam d'un copain boulanger ici, qui trouve que je <strike>les roule dans la farine</strike > leur fait une concurrence déloyale.</p>

<p><a href="https://www.padawan.info/fr/images/IMG_1433.jpg"><img alt="Pain de maïs portugais" src="https://www.padawan.info/fr/assets_c/2016/01/IMG_1433-thumb-500xauto-150.jpg" width="500" height="375" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" /></a></p>

<p>Faire mon pain m'a apporté énormément. À commencer par une madeleine de Proust à moi (si vous me pardonnez cette métaphore pâtissière) puisque mes grand-parents paternels étaient boulangers et que l'odeur particulière du levain et de la farine réveille de vieux souvenirs.</p>

<p>Il y a un côté thérapeutique à savoir faire son pain. Plusieurs même.</p>

<p>Sur un plan nutritionnel, cela offre la possibilité d'utiliser les meilleurs ingrédients possibles. J'ai fait des pains de petit-déjeuner grâce auxquels une seule tranche remplace des céréales (sans intérêt nutritionnel autre qu'un apport massif de sucre, de graisseset de sel) et permet de tenir sans problème jusqu'au déjeuner. Et mes pains durent allègrement une semaine, quand la production professionnelle locale dure péniblement deux jours<sup><a href="#n2" id="r2">[2]</a></sup>.</p>

<p>Sur un plan psychologique, je trouve ça reposant et gratifiant. Je ne sais pas pour vous, mais moi, mettre mes mains dans un truc mou et tiède pour le pétrir, ça me lave la tête et ça peut conduire à un résultat, disons… orgasmique.<sup><a href="#n3" id="r3">[3]</a></sup></p>

<p><img alt="Pain multicéréales" src="https://www.padawan.info/fr/images/IMG_1453.jpg" width="480" height="640" class="mt-image-center" style="text-align: center; display: block; margin: 0 auto 20px;" /></p>

<p>La seule chose dans laquelle je ne me suis pas encore lancé, c'est la fabrication du levain.<br />
Le levain, contrairement aux levures instantanées ou de boulanger, permet de lutter contre le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_phytique#D.C3.A9min.C3.A9ralisation">phénomène de déminéralisation</a> chez les consommateurs de pains à base de farines complètes. L'acide phytique présent dans le son empêcherait l'absorption des sels minéraux, et le levain permet de le décomposer (phytase) par sa fermentation lente et acide. Jusqu'ici je me suis procuré du levain en magasin bio car les conditions de température ici en été font que laisser trainer quoi que ce soit susceptible de fermenter est l'assurance d'obtenir une arme bactériologique méritant une fiche S (sans parler des bestioles qui grouillent dans nos cuisines tropicales).<br />
<a href="https://twitter.com/laurentchemla/status/635179809065279488">Grâce à Laurent Chemla</a> — qui a sans doute déjà eu droit à sa fiche S avant 50 ans, mais probablement pas à cause de sa <a href="http://pastebin.com/etUFV5TT">recette de baguette de tradition française</a>, que je vous recommande chaudement — j'ai découvert <a href="http://www.miam-miam.fr/PATISSIER/pain/poolish.htm">la poolish</a>.</p>

<p>La poolish, c'est génial et c'est comme du levain rapide. Si vous ne connaissez pas, remplacez votre levure instantanée ou de boulanger par cette méthode. Ça donne une texture et un goût particuliers au pain, qui dure en prime plus longtemps. Vous pouvez laisser la poolish se développer plus ou moins longtemps, ou l'utiliser dès que les bulles apparaissent (une dizaine de minutes), selon votre goût (plus longtemps = goût de levure plus prononcé).</p>

<p>Si cela vous tente, lancez-vous, mettez la main à la pâte et faites votre pain ! Vous n'y trouverez que des avantages. Et puis la boulangerie est tout de même l'un des trésors de la culture française. On devrait déchoir de sa nationalité toute personne qui prétend être française sans savoir au moins comment on fait du pain.</p>

<p>Notes :</p>

<p><a href="#r1" id="n1">[1]</a> Selon la disponibilité des ingrédients, qui est un problème récurrent ici. Par exemple, il est impossible de trouver de la farine de blé bio dans les magasins qui ont épuisé leur quota d'importation (épuisé dès novembre, renouvelé en mars). Or personne ne produit de farine bio ici, et il est impossible sinon suicidaire d'utiliser de la farine traitée dès qu'on veut faire du pain complet ou semi-complet. <a href="#r1">↩︎</a></p>

<p><a href="#r2" id="n2">[2]</a> Ce qui n'est rien devant la médiocrité de la baguette standard ici. Pain-Vin-Fromage n'est pas une devise calédonienne, et avant de me faire traiter d'enculé de zoreille à merde (air préféré des bas du front nés quelque part), c'est plus une question de climat et d'économie qu'un problème de savoir-faire. <a href="#r2">↩︎</a></p>

<p><a href="#r3" id="n3">[3]</a> Pour les papilles des co-pains (ceux qui partagent le pain). Les copines apprécient aussi beaucoup mon pétrissage à la main. <a href="#r3">↩︎</a></p>]]>
        
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    <title>Il y a dix ans…</title>
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    <published>2016-01-05T15:24:20Z</published>
    <updated>2022-06-12T14:51:56Z</updated>

    <summary> Il y a dix ans aujourd&apos;hui, paraissait mon livre Blogueur d&apos;entreprise. Si la plupart des exemples sont aujourd&apos;hui obsolètes, mes conseils semblent avoir honorablement résisté à l&apos;épreuve du temps (et dix ans, en informatique, c&apos;est un exploit). Facebook et...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Web" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
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        <![CDATA[<p><a href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2708133292/padawaninfo-21/402-6436625-0062568"><img alt="couverture blogueur d'entreprise" src="https://www.padawan.info/fr/images/couverture-blogueur-d-entreprise.gif" width="160" height="255" class="mt-image-left" style="float: left; margin: 0 20px 20px 0;" /></a> Il y a dix ans aujourd'hui, paraissait mon livre <a href="/be/">Blogueur d'entreprise</a>. Si la plupart des exemples sont aujourd'hui obsolètes, mes conseils semblent avoir honorablement résisté à l'épreuve du temps (et dix ans, en informatique, c'est un exploit).</p>

<p>Facebook et Twitter n'étaient pas encore installés dans le paysage. J'avais écrit que les blogs, exigeants en termes de travail d'écriture, ne conviendraient pas à tout le monde(*). Ces plateformes conçues pour le grand-public et les effets de masse ont logiquement reçu un bien meilleur accueil, c'est la récompense de la vulgarisation. Mais elles ne remplacent pas les blogs. L'apparition encore récente de plateformes comme Medium montre qu'il reste un besoin de ce côté-là (même si Medium n'est qu'une énième tentative de se faire du fric facile sur le dos de ses contributeurs).</p>

<p>J'ai trop longtemps délaissé ce blog. Il est temps de me remettre à l'écriture.</p>

<p>(*) Je les voyais comme une niche, au grand dam mon éditeur qui espérait faire un coup sur un sujet « à la mode ».</p>]]>
        
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    <title>LE truc qui m’énerve (mon “Lightning talk” à Paris Web 2013)</title>
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    <published>2014-01-25T21:10:25Z</published>
    <updated>2016-01-05T15:23:35Z</updated>

    <summary>J&apos;ai participé pour la première fois aux Lightning talks de Paris Web lors de l&apos;édition 2013 sur un sujet qui m&apos;énerve tout particulièrement dans le web, qui est la création de comptes associés à une adresse e-mail sans vérifier que...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <![CDATA[<p>J'ai participé pour la première fois aux Lightning talks de Paris Web lors de l'édition 2013 sur un sujet qui m'énerve tout particulièrement dans le web, qui est la création de comptes associés à une adresse e-mail sans vérifier que cette dernière appartient bien à la bonne personne.</p>
<p>
<iframe width="520" height="292" src="//player.vimeo.com/video/81314505" webkitallowfullscreen="" mozallowfullscreen="" allowfullscreen=""></iframe>
 <br /> (Je suis le premier à passer mais je vous invite vivement à regarder la vidéo jusqu'au bout !)</p>
<p>Traditionnellement les LT sont les dernières vidéos publiées de chaque édition de Paris Web (et non, faire partie du staff ne donne aucun passe-droit :-). Je vous conseille, si vous faites partie des gens qui font le web, à explorer et (re)voir les <a href="http://www.paris-web.fr/2013/conferences/">conférences Paris Web 2013</a> dont les présentations et les vidéos sont toutes disponibles en ligne.</p>]]>
        
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    <title>Tarte au chocolat au Thermomix</title>
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    <published>2014-01-06T12:32:00Z</published>
    <updated>2015-02-16T11:11:14Z</updated>

    <summary>Voici ma version de la recette de tarte au chocolat de TarValanion, adaptée au Thermomix et sur fond de tarte brisée (vous pouvez préférer une pâte sablée). J&apos;ai la faiblesse de prendre pour preuve de réussite la vitesse à laquelle...</summary>
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        <name>François Nonnenmacher</name>
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        <category term="Cuisine" scheme="http://www.sixapart.com/ns/types#category" />
    
    
    <content type="html" xml:lang="fr" xml:base="https://www.padawan.info/fr/">
        <![CDATA[<p>Voici ma version de la recette de <a href="http://www.tarvalanion.net/blog/index.php?post/2014/01/01/Tarte-au-chocolat">tarte au chocolat de TarValanion</a>, adaptée au Thermomix et sur fond de tarte brisée (vous pouvez préférer une pâte sablée). J'ai la faiblesse de prendre pour preuve de réussite la vitesse à laquelle elle a été consommée par les convives.</p>
<p>Pour 8 personnes normales (ou 6 morphales) et un plat à tarte de 28 cm (Vorwerk prétend que la quantité de pâte est adaptée à un plat de 31 cm, je crois qu'ils ont bu ou c'est moi qui ne sait pas étaler du papier à cigarette).</p>
<h2>Ingrédients</h2>
<h3>Pour la pâte brisée :</h3>
<ul>
<li>80 g de beurre.</li>
<li>150 g de farine (T55 de préférence).</li>
<li>1 c. à café de sucre vanillé.</li>
<li>1/2 c. à café de sel (sauf si vous utilisez du beurre salé, évidemment).</li>
<li>50 g d'eau.</li>
</ul>
<h3>Pour la crème au chocolat :</h3>
<h4>Version riche :</h4>
<ul>
<li>300 g de chocolat noir.</li>
<li>40 cl de crème fraîche semi-épaisse.</li>
<li>10 cl de lait entier.</li>
<li>2 gros œufs.</li>
</ul>
<h4>Version légère :</h4>
<ul>
<li>200 g de chocolat noir.</li>
<li>20 cl de crème fraîche semi-épaisse.</li>
<li>8 cl de lait (1/2 ou écrémé).</li>
<li>1 gros œuf.</li>
</ul>
<h2>Préparation</h2>
<p>Préparer la pâte brisée. Préchauffer le four.</p>
<ol>
<li>Mettre le beurre coupé en morceaux, le sel, la farine, le sucre vanillé et l'eau dans le bol et régler <strong>30 secondes sur fonction « Épi »</strong>.</li>
<li>Mixer <strong>10 s en sens inverse, vitesse 2</strong> afin de décoller la pâte et la sortir du bol.</li>
<li>Abaisser la pâte au rouleau et en garnir un plat à tarte beurré et fariné. Piquer le fond avec une fourchette. (Recouvrir éventuellement le fond de tarte d'un papier sulfurisé puis une couche de riz ou de pièces, selon le four.)</li>
<li>Cuire au four environ 30 mn à 200°C (thermostat 6/7), 20 à 25 mn dans un four à chaleur tournante.</li>
</ol>
<p>Pendant la cuisson du fond de tarte, préparer la crème.</p>
<ol>
<li>Mettre les morceaux de chocolat dans le bol et mixer <strong>10 s à vitesse 6</strong>.</li>
<li>Insérer le fouet dans le bol. Ajouter la crème fraiche et le lait et régler <strong>8 mn à 70°C, vitesse 2</strong>.</li>
<li>À l'arrêt de la minuterie, faire tourner le Thermomix à <strong>vitesse 4</strong> et ajoutez les œufs par l'orifice. Laisser tourner encore une trentaine de secondes.</li>
<li>Étaler la crème sur le fond de tarte cuit à blanc. Enfourner et faire cuire jusqu'à ce que la crème soit ferme mais encore tremblante au centre (environ 15 mn à 175°C dans un four à chaleur tournante). Laisser quelques minutes dans le four éteint.</li>
<li>Laisser refroidir et servir tiède ou froid.</li>
</ol>]]>
        
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