RSS et les 40 voleurs

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Cédric Manara publie une lettre ouverte à l'attention du Dico du Net qui republie les billets de son blog Domain Name / Nom de Domaine sans toutefois respecter les conditions de la licence CC qu'il a choisie :

Aux termes de cette licence - que vous connaissez par ailleurs car vous l'avez-vous même adoptée pour vos propres contenus,- chacun est libre de reproduire, distribuer et communiquer mes créations, sous trois conditions : - citer le nom de l'auteur - pas de modification, de transformation ou d'adaptation - pas d'utilisation à des fins commerciales Je remarque que, pour chacun des billets que vous reprenez, c'est la source de publication qui est mentionnée, et non le nom de l'auteur. Par ailleurs, les hyperliens figurant dans les textes originaux ne sont pas repris sur votre site. Surtout, je constate que la reproduction des textes est précédée et/ou suivie de publicités (annonces Google) et qu'il y a aussi en marge des liens commerciaux.

Le mois dernier, Jason Calacanis (Weblogs Inc) s'était déjà plaint de ce phénomène.

Comme le montre ce commentaire d'un lâche anonyme bien peu éclairé, beaucoup de gens prennent les fils RSS pour des permis de piller à volonté :

Visiblement vous n'avez pas compris le principe du fil rss. Si vous ne souhaitez pas voir votre travail repris ailleurs, enlevez le fil rss.

Publier un contenu via un fil RSS est un simple procédé technique, aucunement différent de le publier en HTML via un serveur HTTP, ce ne sont que des protocoles informatiques qui ne préjugent et ne limitent en rien les droits sous lesquels l'auteur publie son contenu. Avec un tel raisonnement, on pourrait donc dire que dès lors que quelqu'un publie quelque chose sur internet, vaste réseau public mondial ouvert à tous et spécialement conçu pour diffuser facilement du contenu, il donne à tout le monde une autorisation de libre copie. C'est évidemment faux.

La montée en puissance de la première régie publicitaire mondiale (dont mon ami Patrick chante les louanges ;-)) va multiplier ce phénomène. Le Dico du Net est un exemple parmi tant d'autres d'initiatives qui se réduisent à republier le contenu créé par d'autres et se rémunérer via la publicité sur le trafic généré. Personnellement je ne juge pas du modèle de business en question, mais je suis tout à fait d'accord avec Cédric, republier du contenu pour l'entourer de publicités est une utilisation commerciale, en violation de la licence qu'il a choisie.