L'affaire Petite Anglaise vs Dixon Wilson touche à sa fin, Dixon Wilson n'ayant pas fait appel du jugement rendu par le Conseil de Prud'hommes de Paris et réglé à Catherine S. les sommes auxquelles le cabinet a été condamné. Maître Eolas récapitule l'affaire, en rappelant à juste titre que l'employeur a choisi de ne pas continuer à alimenter un feu, en termes d'image, qu'il a contribué lui-même à allumer :
A mon avis, Dixon Wilson a raison d'agir ainsi. Cette affaire risque fort de lui coûter cher en termes d'image (faites une recherche Google sur Dixon Wilson et vous comprendrez ce que je veux dire), alors qu'il s'agit d'un licenciement qui reposait sur un emballement de l'employeur et la susceptibilité froissée d'un associé et non sur une faute de la salariée. Faute d'avoir transigé dès le début, il aura fallu un rappel à l'ordre sérieux du Conseil de prud'hommes pour que la raison reprenne le pas sur la passion.
Je n'ai pas connaissance d'autre affaire équivalente en France ayant été jugée devant les Prud'Hommes.
Du blogueur d’entreprise au point de bascule :
Je viens de terminer l’excellent ouvrage de François Nonnenmacher, intitulé “Blogueur d’entreprise”, aux éditions d’Organisations. La dynamique des blogs m’intéresse hautement, et sa vision du blogging est d’autant plus captivante qu’elle se place bien au-delà de la technique, pour aborder ses valeurs (ouverture, authenticité, interactivité, spontanéité). Fort de son expérience chez Cap Gemini, on y apprend notamment que François Nonnenmacher a joué un rôle notable dans la refonte du site, en confiant le design à Douglas Bowman, un designer de San Francisco au talent incroyable.
Voilà un avis sur Blogueur d'entreprise qui me fait bien plaisir, et qui prouve qu'il y a des gens qui arrivent encore à se le procurer (ça dort du côté du boulevard Saint Germain :p) et en faire leur miel un an et demi après sa sortie.
A juste titre, Franck Letrouvé pointe vers le Point de bascule
de Malcolm Gladwell (The Tipping Point
en anglais), ouvrage qui m'a beaucoup inspiré pendant l'écriture du mien.
J'aurais le plaisir d'intervenir à Nantes ce jeudi 22 mars à l'invitation du Cri Ouest, sur le thème « Web 2.0, le "Social Computing", du grand public à l'Entreprise » (voir le programme). S'il y a des lecteurs de ce blog ou de Blogueur d'entreprise, faites-moi signe ;-).
Le blog de DSK, laissé à l'abandon, tourne au vinaigre et nous offre un bel exemple de l'importance de la modération.
L'une des caractéristiques qui, pour moi, distinguent un blog d'un forum, est le rôle d'éditeur que peut jouer l'auteur du blog, à la fois sur les sujets abordés et sur la conduite des discussions. Sur un forum, tous les contributeurs sont à égalité. Après quelques années d'observation côte-à-côte, il ne faut pas être grand clair pour constater des différences majeures entre ces deux formats : des discussions moins nombreuses, plus courtes et plus policées sur les blogs quand elles sont nombreuses, (très, trop) longues et parfois (souvent) proches du pugilat sur les forums.
Au fil du temps, tout comme l'apparition des agrégateurs et des flux RSS m'a fait presque totalement abandonner l'usage des listes de distribution par courriel, la multiplication des blogs m'a permis de déserter sans regret ces forums, où le troll pullule à loisir et où l'information disparaît aussi vite que le savoir-vivre. Pour parler geek, le rapport signal/bruit des blogs est globalement meilleur que celui des forums, même si leur volume est nettement plus faible.
Ce dernier constat, cependant, n'est valable que si l'auteur du blog joue son rôle. DSK nous a offert, involontairement, la démonstration qu'un blog à fort trafic laissé à l'abandon peut se transformer rapidement en élevage de têtes de noeud, aussi bien qu'un forum. Chassez le naturel...
Moralité, si vous prévoyez d'arrêter un blog mais de le laisser en ligne, fermez les commentaires.
Une seconde leçon, que nous offre ce dernier billet sur le blog de DSK (billet et commentaires), est l'importance de clarifier les règles du débat et d'appliquer la modération en continu, sans relâche. Si on laisse les choses traîner, il peut devenir impossible de corriger le tir autrement qu'en effaçant tous les commentaires.
Cyril Fiévet ferme le Nanoblog qu'il tenait depuis juillet 2004. Pour beaucoup cette nouvelle n'évoquera rien. Pour d'autres qui se sont intéressé à l'histoire des blogs en France, Cyril est le co-auteur de Blog Story, le créateur de Pointblog, et comme le fait justement remarquer Houssein dans son hommage, celui qui bien avant LLM parlait des blogs dans les medias français.
Pour moi c'est quelqu'un avec qui j'ai eu des discussions passionnantes, même si nous n'étions pas toujours d'accord, justement parce que nous n'étions pas toujours d'accord. C'est aussi celui qui a eu l'idée d'une suite "pro" à Blog Story et qui m'a présenté à son éditeur, Joël Seguin, qui est devenu le mien pour Blogueur d'entreprise.
Cyril tourne la dernière page d'un blog, qui ne sera peut-être pas, j'espère, son dernier. Et la vie continue.
Et pour satisfaire ma future nostalgie et parce qu'il va supprimer tout ça le bougre, je garde cette fin en mémoire ici-même, in extenso. (Et tu pourrais quand même me répondre quand je t'appelle :p)
Comme vous avez pu le constater, cela fait plusieurs mois que ce blog n'est plus mis à jour et vous êtes nombreux à vous en inquiéter. Rassurez-vous, tout va bien, merci ! Je crois juste qu'il est temps pour moi de tourner une page.
En fait, je me suis rendu compte qu'il est difficile, sur un blog, de reprendre là où l'on s'était arrêté. On commence par une petite pause estivale, et puis on se laisse déborder par la vie (des choses à gérer, des boulots prenants, de nouvelles passions, de petits ennuis de santé...). On fait d'autres choses, on s'éloigne peu à peu de l'univers des blogs. Les mois passent, et avec eux l'envie de bloguer.
Aujourd'hui, j'avoue ne plus avoir ni le temps, ni l'énergie, ni la motivation de bloguer. Bien sûr, de temps à autre, notamment quand resurgissent les fantômes du passé ou apparaissent des sujets importants qui méritent qu'on se batte pour eux, l'envie de bloguer me démange à nouveau. Mais pas au point de repartir "à fond". A mon sens, bloguer doit avant tout être un plaisir et mon blog ne m'en procure plus, ou plus autant qu'avant.
J'arrête ce (nano)blog, donc. Cela ne veut pas dire que je ne bloguerai plus jamais, mais si je le fais, ce sera ailleurs ou sous une autre forme.
En tout cas, merci à toutes et tous de votre soutien et du temps que vous avez bien voulu accorder à mon modeste blog. Vous m'avez apporté beaucoup, vraiment beaucoup. Je conserve de cette expérience de nombreux souvenirs, bons et mauvais, marqués par de fréquents éclats de rire, beaucoup d'opinions et de débats passionnés, et quelques larmes. Via ou dans la blogosphère, j'ai rencontré d'innombrables talents, beaucoup de gens formidables, pas mal d'emmerdeurs et d'imbéciles, quelques amis, et un bel enfoiré. Tout cela fût assurément enrichissant ou, à tout le moins, instructif.
Merci encore. Ici s'achève ce blog. Et la vie continue ;-)
Blogueur d'entreprise est sorti il y a maintenant un an, et au détour d'interviews récentes je me dis qu'il n'a pas trop mal vieilli. Evidemment les chiffres sont dépassés, et quelques exemples sont (heureusement pour certains) maintenant du domaine de l'histoire. Mais dans l'ensemble, les principes et les questions qui y sont posés restent d'actualité, et j'ai créé une catégorie blogueur d'entreprise sur ce blog pour compléter le livre après sa sortie. Je ne suis évidemment pas objectif et il faudrait que je le relise pour faire le tri.
J'ai donc envie de poser quelques questions à mes lecteurs, s'il en passe par ici :-). Vous avez lu Blogueur d'entreprise, et après ? En quoi vous a-t-il aidé et, a contrario, en quoi vous a-t-il laissé sur votre faim ? Voudriez-vous une suite et laquelle ? Et quel format vous conviendrait le mieux (livre, blog, PDF...) ?
Bien sûr j'ai quelques pistes, que je distille dans mes conférences*, mais ce ne serait pas du jeu de les dévoiler maintenant ;-).
(*) shameless plug, le padawan existe aussi en conférencier interactif (il répond même aux questions).
Les blogs d'entreprises sont peut-être en passe de populariser une nouvelle tendance de la communication institutionnelle : le lavage de linge sale en public. La dernière histoire en date est le directeur juridique de Cisco, qui dénonce le détournement de la marque iPhone de Cisco par Apple.
En mettant de côté, pour l'instant, les mérites d'une telle action, la tactique de communication choisie par Cisco peut s'avérer être un bon choix, tant elle est aux antipodes des habitudes d'Apple et de Steve Jobs en particulier, dont la culture du secret et du contrôle absolu de la communication est bien connue. Il va être intéressant d'observer la suite, ne serait-ce qu'en matière de gestion de la communication institutionnelle. Mon seul pari pour le moment est qu'aucun dirigeant d'Apple ne répondra sur son propre blog ;-).
D'une certaine manière, cette histoire me rappelle les attaques de Jonathan Schwartz de Sun contre Hewlett Packard, comme celle-ci qui avait déclenché une réponse juridique par lettre de la part d'HP. A mon avis, Sun avait gagné la bataille et s'était permis de nouvelles piques (Roland Piquepaille s'est même demandé s'il ne s'agissait pas d'une nouvelle forme de guerre). En fait je ne sais pas s'il s'agit d'une nouvelle mode, mais il me semble que ces dirigeants sont en train de tester une nouvelle méthode.
En aparté, mon sentiment personnel est que ça ne va pas être du gâteau pour Cisco. Je ne suis pas juriste mais je flaire quelques cailloux dans leurs chaussures. Il n'est pas suffisant de déposer une marque pour la protéger, elle doit être exploitée commercialement dans les cinq ans et défendue activement contre sa dilution. Dans le premier cas, de ce que je lis chez Cisco, il semble que la marque n'ai pas été exploitée commercialement entre son acquisition en 2000 et 2006 (je ne sais pas si elle avait été exploitée commercialement par son précédent propriétaire avant 2000). Pour la seconde condition, le nom iPhone a été largement utilisé publiquement pour décrire le futur téléphone d'Apple, utilisation qui n'a à ma connaissance pas provoqué d'objection officielle de la part de Cisco, qui aura du mal à démontrer une défense active de sa marque contre sa dilution* au profit d'Apple dans l'esprit du public. Ajoutons à cela le domaine iphone.com enregistré en 1995 et détenu par la société The Internet Phone Company ainsi que iphone.org enregistré par Apple en 1999 et qui revoit depuis longtemps sur apple.com. Donc, au contraire de Cisco, il devrait être facile pour Apple de prouver la confusion de la marque en démontrant que cette dernière évoque communément le téléphone d'Apple dans l'esprit du public (là Cisco pourrait arguer du préjudice de cette confusion, Apple de sa dilution, etc. Un cas non évident, et j'attends avec impatience qu'un juriste spécialisé en propriété intellectuelle donne son interprétation). Sinon, sur le motif de l'action juridique, pour connaître un petit peu Cisco, société exclusivement piloté par objectifs de résultats financiers, ce n'est qu'une pure histoire d'argent.
(*) Cette obligation de la législation sur le droit des marques est fréquemment ignorée ou mal comprise des zélotes du libre, à chaque fois qu'une entreprise est forcée de prendre une telle mesure pour prouver qu'elle défend activement l'une de ses marques, à défaut de quoi elle pourrait la perdre plus tard devant un tribunal, l'inaction pouvant être considérée comme une faute.
Une petite dernière, pour la route :
Tout ce que les médias taisent ou négligent tombe dans l'escarcelle des blogs. Ils le prennent et en font de la liberté, ils vont dans les marges et ne se poussent pas du col. Ils ne remplacent pas les médias, ils les narguent. Ils évoquent des riens mais disent tout. Ils sont de minuscules aiguillons et gagnent de petites victoires.
Il faut faire blog !
Philippe Bilger, Il faut faire blog !
David Abiker m'a fait l'honneur de sa chronique "blogs à part" ce matin sur France Inter. Comme il n'y a pas de permalien par chronique et que ce texte va probablement disparaître dans les méandres des archives du site de France Inter, j'espère qu'il ne m'en voudra pas d'en garder une copie ici pour ma revue de presse.
La chronique peut s'écouter ici. J'y parle d'un blog dont on a peu parlé : life on the pea harvest et pourquoi il est intéressant (j'ai l'impression qu'il est en sommeil, dommage).
Patrons, mettez vous au blog !
Ce matin David un bloggueur spécialisé dans les blogs d’entreprises…
Non seulement François est spécialisé mais il trouve qu’il n’y a pas assez de blogs d’entreprise. Pourtant nous dit-il, le blog d’entreprise est un autre moyen de communication. Plus simple et plus authentique.
En fait, François aimerait bien que les patrons se mettent au blog. Il y a quelques semaines il écrivait : « On demande un blog d’entreprise cotée au CAC 40, allo, il y a quelqu’un ? ».
Et cette revendication a fait l’objet d’un débat très intéressant sur son blog visité par de nombreux internautes.
« Si les patrons arrivent à trouver le ton juste, tant mieux mais si c’est pour le faire écrire par leur assistant non merci ! lance un visiteur dans le fil de discussion ». Et il y a Laurent qui ajoute « si c’est comme les hommes politiques, il faudra attendre la nouvelle génération ».
Si les patrons hésitent à créer leur blog c’est qu’ils n’ont pas le temps ajoute un autre. Mais c’est aussi le cas des salariés qui eux n’ont pas le cran ou n’osent pas le faire à visage découvert. Ils ont leur raison : « Les blogs de salariés peuvent perturber l’autorité hiérarchique écrit François », c’est pour ça qu’il y en a peu. Pourtant poursuit-il, un employé qui bloggue ça peut mettre l’entreprise en valeur : « un employé respecté connu, ajoute au crédit de son employeur ».
Au final en France on a assez peu de patrons qui blogguent. On consultera avec intérêt le Blog d’un patron de gauche, telle qu’il se présente lui-même. On ira aussi visiter le blog du directeur de l’assistance publique de Marseille avec ses 18 000 employés et puis on visitera le blog d’un maître tailleur, lui il est à son compte, et il raconte comment on fabrique un costume : « un savoir-faire particulier et rare de coupe, nécessitant au bas mot une quinzaine d’années de pratique ; un délai de réalisation important (d’un mois à 45 jours), trois essayages pour régler certains détails ».
Ca c’est un patron qui doit tailler des costards à d’autres patrons, je pense qu’on reviendra sur ce blog dans blog à part, c’est sûr.
liens
Blogueur d'entreprise
Blog d'un patron de gauche autoproclamé
Le blog du DG
Le blog d'un maître tailleur (on en reparlera !)
Dans un précédent billet sur la spontanéité j'écrivais que :
- certaines personnes, à trop être spontanées, sont bien promptes à tirer dans le tas
- les blogueurs ont la capacité à mettre à jour leurs écrits et à s'amender (ce qui me semble relever de l'honnêteté intellectuelle)
- les blogeois ont l'habitude de donner des leçons aux autres (sans toujours aimer en recevoir)
De même dans mon billet sur la viralité du net et le droit à l'oubli je soulignais que :
- publier puis supprimer un billet est considéré comme un sacrilège par certains blogueurs (ici on l'appliquera également à un commentaire)
- le droit à l'oubli n'existe pas sur internet
- tenter de supprimer quelque chose de déjà publié peut souvent empirer une situation de damage control
- il suffit de patienter un peu pour que quelqu'un écrive ce que vous vouliez dire à votre place
Le feedback de la blogosphère sur la conférence Le Web 3 illustre admirablement bien ces points et nous offre quelques enseignements sur les mérites de bloguer à froid plutôt que dans la tempête.
Une précision tout d'abord, je n'ai pas assisté à la dite conférence, c'est justement en espérant trouver des comptes-rendus intéressants sur le web que j'ai assisté à ce véritable feuilleton bloguesque. Je voulais en tenter un petit décryptage (il suffit de tirer un tout petit peu la pelote et ça vient tout seul !) mais le feuilleton n'est pas encore terminé et devient un peu lassant. En réduction, j'ai observé ceci :
- les avis négatifs sont pratiquement tous concentrés en tir groupé, les premiers, démarrant avant même la fin de la conférence, certains des plus virulents émanant même de gens n'ayant pas assisté à la conférence mais rebondissant et amplifiant ceux des autres (on notera, évidemment, champion dans la catégorie "mets-toi un doigt", l'inénarrable Ben Metcalfe, déjà primé dans la catégorie "ça craint" l'an dernier et futur candidat à la catégorie "je hurle avec les loups")
- il aura fallu attendre 48 heures (soit une éternité en temps blogosphérique) que la poussière se dépose avant de commencer à y voir un peu plus clair avec les premiers billets positifs ou offrant des critiques constructives. Je fais le pari que, dans l'ensemble, les avis positifs sont plus nombreux mais dans la blogosphère, pas plus qu'ailleurs, on ne parle des trains qui arrivent à l'heure
- Loïc Le Meur ne blogue pas pendant cinq jours (un laps de temps inconcevable pour ses lecteurs, ce qui déclenche une batterie de blagues sur son enlèvement ou sa mort supposés) mais met de l'huile sur le feu avec un commentaire impulsif et injurieux envers un blogueur de TechCrunch UK, déclenchant une cascade d'événements collatéraux dont un licenciement, une démission, et une impressionnante batterie d'attaques ad hominem (ça s'engueule jusque chez La Fraise, c'est dire l'ampleur du séisme)
- outre le licenciement de Sam Sethi par le patron de TechCrunch, une polémique naît du changement d'agenda pour faire la place à trois hommes politiques (Shimon Peres, François Bayrou et Nicolas Sarkozy). Ces deux polémiques suffisent à occulter le reste du feedback sur la conférence (on parle de 1h30 sur 18h de programmes)
- Le même LLM, après avoir sans aucun doute absorbé plus d'informations de toute part que jamais (blogs, emails, SMS, téléphone, oreilles qui sifflent...) s'est finalement fendu de deux notes fois deux langues (français, anglais), séparant (à raison à mon avis) les explications sur l'affaire Sam Sethi et la conférence
Cette histoire est une digne candidate pour un outil qu'il me semble avoir vu à l'Up Fing 06 qui cartographie la propagation par internet de ce genre d'événement (il me semble que c'était dans la plénière sur les frontières public/privé, le cas d'école était l'histoire de la femme aux crottes de chien — si une bonne âme s'en rappelle, je la remercie).
Ce que j'en retiens :
- la retransmission en vidéo et les comptes-rendus sur le web, c'est génial, ça permet de suivre à distance et à son rythme, gratuitement. Rares sont les organisateurs de conférences payantes qui font cet effort, et encore moins en direct live, et il faut le saluer
- a contrario, les couvertures de la presse 1.0 sont nulles (ne ratez pas les commentaires du journaliste de LCI sur l'AFP, c'est gratiné)
- c'est l'une des plus grosses conférences de ce type organisées en France, et si je trouve qu'il serait déprimant de penser que LLM soit le seul à pouvoir organiser ça en France, il est indéniablement capable de le faire car... il le fait ! C'était sa troisième, il a fait des progrès à chaque fois, je pense que sa prochaine sera meilleure (avec de nouvelles erreurs, et c'est très bien comme ça !)
- c'est effectivement la fin des conférences purement centrées sur les blogs et, surtout, sur les blogueurs. Bienvenue au web et à la diversité des gens qui s'y intéressent
- rien de nouveau dans le marketing 1.0 : la présence de sponsors sur les panels, venant uniquement délivrer leur message commercial sans interactivité avec l'auditoire, gonfle toujours autant tout le monde (et pas que les blogueurs)
- Orange se fait laminer sur l'accès à internet (il y a de quoi méditer sur le web 2.0 et l'incapacité, fin 2006 et pour un acteur dominant, à fournir un accès internet potable dans un lieu de conférences)
- bien rares sont ceux qui avaient déjà une opinion de LLM et en ont changé par la suite. Je ne parle même pas de ceux qui n'ont que des préjugés à son égard, et qui sont souvent les plus virulents. Je dis ça, mais j'observe de loin le Loïc que je connais et rien de tout ça ne m'a ni étonné ni fait changer d'avis non plus ;-)
- d'ailleurs pendant que j'y suis : Loïc, il faut que tu arrêtes de n'inviter que tes copains, je sais que tu en as beaucoup mais il faut élargir le cercle de tes amis ;-)
- l'an dernier l'auditoire était trop hétérogène (deux camps : les geeks, les non-geeks et des panels pour les uns à l'exclusion des autres, la moitié de la salle étant toujours larguée). Avec 1000 personnes et le même problème, c'est pire. Un programme hétérogène et une audience hétérogène, ce n'est pas une bonne combinaison (ou alors il faut couper tout ça en sous-groupes)
- que des politiques se soient déplacés devant ce type d'auditoire, c'est très bien, et c'est exceptionnel. Ca permet de les voir en situation dans un contexte qui nous est proche et de sentir ce qu'ils en comprennent (de pas grand chose à rien du tout pour les français, semble-t-il). On ne peut pas sans cesse leur casser du sucre sur le dos en prétendant qu'ils sont loin de nous, et hurler au complot quand ils viennent se présenter en personne ! J'ai vu plus d'autisme chez certains blogueurs que celui reproché, au hasard :p, à Nicolas Sarkozy. On en aura plus appris sur les politiques actuels et le web, qu'en écoutant un blogueur américain parler des élections états-uniennes et le web
Et la leçon la plus importante : parfois ça vaut vraiment le coup de tourner sa souris sept fois autour du bouton publier avant de cliquer dessus...
Je m'arrête là ou j'y passe une nouvelle nuit ! Une précision cependant pour ceux qui seraient tenté d'ajouter quelque chose : ce qui m'intéresse vraiment dans cette histoire c'est la dynamique du web dans ce genre de situation. Je trouve que la polémique qui entoure la conférence sus-citée en dit plus sur les aspects de chambre d'écho et de caisse de résonance de la blogosphère que sur la conférence ou son organisateur. J'apprécierais beaucoup que vous complétiez cette réflexion dans ce sens et n'utilisiez pas cet espace pour ajouter à la polémique ou, pire, aux attaques personnelles.
P.S. et une réaction amusante des collègues américains de LLM chez Six Apart, lue sur un article du Guardian :
Mena Trott: I don't think anyone thinks that as a company we're pushing a French political agenda. Loic's a very large personality, but we trust our team members and groups to act independently.
Andrew Anker: It's a bit like a case of “we don't mind what people say as long as they spell our names right”: we don't mind what people say, good or bad, as long as they're using our tools to do it.
Bloguez, il en restera toujours quelque chose :-)
P.S. 2 : au fait, à chaque fois que Nicolas Sarkozy va faire pipi, je reçois un document Word par courriel de Véronique Waché, son attaché de presse. Mais là, rien ! Bizarre...
Laurent Bazin, journaliste sur la chaîne iTélé, me donne l'occasion de revenir sur quelques particularismes du web en général et des blogs en particulier : la viralité et le droit à l'oubli.
Laurent Bazin a tout d'abord commis ce que d'aucuns considèrent comme un sacrilège sur un blog : publier puis supprimer un billet. Pour ma part je pense que chacun est libre de faire ce qu'il veut de ses écrits, et votre serviteur a déjà (rarement certes) caviardé un ou deux billets postés avant d'avoir tourné sept fois sa souris autour du bouton publier. Seulement voilà, mieux vaut être rapide, car ce que le web avale, le web recrache souvent, surtout quand il suspecte l'information censurée. J'ai vu l'histoire se développer, classiquement, dans mon agrégateur, et c'est finalement chez Pointblog que je retrouve le billet republié in extenso.
Etant allé vérifier les conditions de publication du blog de Laurent Bazin, j'ai failli faire remarquer à Gilles Klein de Pointblog que l'auteur publie ses contenus sans autorisation spéciale et qu'il a ainsi enfreint le droit d'auteur (copyright), en plus de ne pas avoir respecté la volonté de l'auteur. Mais Laurent Gloaguen dit la même chose, ce qui illustre au passage une autre règle méconnue des blogs pour les paresseux : patientez un peu et quelqu'un va écrire ce que vous vouliez dire à votre place ;-). Et la déontologie n'étouffe pas certains journalistes du Nouvel Obs, qui eux ne prennent même pas la peine, comme au moins Gilles Klein l'a fait, de rappeler le contexte (on est vraiment dans le copier-coller pressé, on se demande le rapport avec du journalisme). Blogonautes rapporte également cette histoire en publiant des extraits du billet supprimé.
La leçon de cette histoire est que la capacité virale du net se fait souvent au mépris total de règles basiques comme le droit ou la volonté des auteurs (ce dont, logiquement, profitent ceux qui s'en servent sciemment). Ceci vient renforcer un autre problème qui est que le droit à l'oubli n'existe pas sur internet. J'avais déjà évoqué ce problème en août 2004 à propos du mix des dimensions personnelles et professionnelles de mes publications ici même, et j'avais eu l'occasion d'en discuter avec David Weinberger en mars dernier. Quand on sait que plus aucun recruteur qui se respecte ne sélectionne sans chercher toute trace de publication concernant un candidat sur le web, il y a de quoi réfléchir à ce que seront les méthodes de recrutement lorsque les skyblogueurs viendront en masse remplacer les papy-boomers dans les cinq prochaines années.
On pourrait écrire des thèses sur l'intérêt du droit à l'oubli sur internet. Un indice de taille : il paraît qu'il existe déjà des sociétés spécialisées dans l'effacement de vos traces sur internet. D'ici à prétendre que ce moi numérique devient plus important que l'identité réelle, certains franchissent le pas.
Cette histoire aura au moins permis à Laurent Bazin de générer un joli buzz, et d'écrire sur les notions de censure (et plutôt deux fois qu'une) et du off journalistique. Nous, nous aurons eu une belle illustration de damage control lorsqu'on s'amuse imprudemment, les uns à publier, les autres à censurer a posteriori, sur la blogosphère.
(Et moi qui disait que dans la blogosphère, personne ne vous entend crier ;-).)
A l'intérieur de l'entreprise, les internautes deviennent des intranautes. Cette transformation incroyable fait que nos dirigeants pensent qu'ils n'apportent rien à la communauté par ce biais, qu'ils communiquent de la même façon depuis 50 ans... L'entreprise se plaint des représentants du personnel mais n'aide pas à leur évolution, à la transformation du dialogue social dans l'entreprise et surtout à une redynamisation de la vie d'entreprise qui passe aussi par là.
Messieurs les DG et les DRH, vous avez tout à gagner en ouvrant les portes du Dialogue Social sur l'intranet. Si vous voulez des RP responsables, confrontez-les aux yeux des salariés qui vont auto réguler très rapidement ce nouveau champs politique.
Du web social à l'Intranet social ... Messieurs les DG et les DRH réagissez!!, un point de vue décapant de Xavier Aucompte (Responsable des Intranets - Groupe GROUPAMA) sur B-r-ent.
Ca me change des réactions paniquées ou horrifiées à chaque fois que je mentionnais les mots blogs et syndicats dans la même phrase. Ces réactions sont irrationnelles, elles empêchent une vraie réflexion sur ce sujet.
J'ajouterais cette hypothèse iconoclaste : l'expression libre des salariés dans les blogs d'entreprise, aussi bien de managers que de syndicats, pourrait être vus par ces derniers comme une façon de les contourner, donc comme une perte de leur pouvoir représentatif.
J'ai eu le plaisir d'intervenir hier lors d'un séminaire de responsables de communication interne d'un grand groupe industriel, pour présenter les outils, les usages et le jargon internet actuels, et parler de la communication en entreprise à l'ère de la publication personnelle. Deux des questions posées me donnent l'occasion d'un billet sur les peurs des directions générales par rapport aux nouveaux usages des TIC.
La première, est la peur d'une perte de contrôle de l'information. La formulation de la question était quelque chose comme "je n'aurais jamais le temps de tout contrôler". J'avais donné comme idée d'amélioration de l'annuaire classique d'entreprise, qui ne sert qu'à trouver des adresses et des numéros de téléphones, d'y ajouter les fonctionnalités d'un réseau social en permettant aux gens de compléter leur profil avec CV, compétences, liens, etc. Et mon interlocutrice d'exprimer sa crainte que tout le monde puisse raconter n'importe quoi, sans qu'elle puisse le vérifier.
Ma première réaction est que, effectivement, si l'on incite de plus en plus les collaborateurs à communiquer, le service communication n'aura pas les moyens de tout vérifier. Mais est-ce un problème, ou bien cette peur qui conduit à ne rien faire n'est pas en elle-même un plus grand problème, c'est-à-dire qu'elle paralyse tout le système ? Et malgré des canaux très balisés, j'ai eu droit à quelques exemples marquants de problèmes que rencontrent les communiquants : lavage de linge sale en public sur Boursorama, tracts disséminés aux salariés mais pas à la direction, montrant que tout système rigide se contourne, en général sous le manteau donc de manière encore plus difficile à contrôler. C'est un cercle vicieux.
Ce qui me donne la transition sur la seconde peur, la sécurité : "la direction de la sécurité n'autorisera jamais ces outils, trop dangereux, trop de risques de dissémination d'informations confidentielles", etc. Dans d'autres groupes où la sécurité est plus classiquement l'affaire de l'informatique, on pourra retrouver les mêmes arguments dans la bouche du DSI. Là j'ai une anecdote qui illustre très bien cette illusion, totale et néfaste, du contrôle absolu exercé par des gens qui sont en dehors du terrain.
Cette histoire se passe dans l'industrie du nucléaire, où l'on manipule des déchets radioactifs avec des procédures extrêmement lourdes pour des questions évidentes de sécurité des personnes. Les ouvriers chargés de transporter les "châteaux" de plomb remplis de matières fissiles doivent suivre une procédure très codifiée, qui fait que le simple déchargement d'un château du camion prend un temps considérable. Les ouvriers portent une tenue de protection et un badge dosimètre qui mesure la dose de rayonnements qu'ils ont reçue en service. La nature humaine étant ce qu'elle est, il est arrivé ce qui suit. Ne comprenant pas pourquoi les crânes d'œuf, qui leur expliquent en costard depuis leur bureau comment ils doivent décharger un camion, ont encore rajouté une énième étape à la longue liste de tâches, un gars dit aux autres "regardez, on saute ça et ça, hop, hop, on bascule le truc à la main en dix secondes et on a gagné une heure". Résultat, ils ont effectivement gagné un temps considérable mais leur dosimètre a pris une couleur qui déplait fortement au responsable sécurité, qui, n'ayant pas assisté à la scène, se dit "flûte, ma nouvelle procédure n'était pas assez fiable" et... en rajoute une couche ! C'est un cercle vicieux.
Ce schéma existe dans le monde des grandes entreprises aujourd'hui, c'est celui de la personne de terrain qui, excédée par le contraste entre ce qu'elle sait pouvoir faire chez elle avec internet et ce que son service informatique lui propose (ou lui interdit de faire !) sur son poste de travail, fini par "se débrouiller" toute seule en dehors du système d'information de l'entreprise.
Je pourrais en rajouter, comme le fait (ce cas est véridique) qu'un service informatique soit tout fier d'avoir imposé le cryptage et l'impossibilité d'imprimer des courriels, sans se rendre compte que tout le monde peut modifier un message sans que ça se voit avant de le retransmettre et qu'il suffit d'appuyer sur "ctrl-print screen" pour imprimer l'écran ! Ou qu'il est techniquement et psychologiquement plus facile de détourner une information circulant par courriel qu'une page web sécurisée sur l'intranet.
Je pourrais aussi rappeler qu'aux tous débuts du courrier électronique, certains trouvaient absolument impensable que n'importe qui puisse écrire à leur patron, en court-circuitant la hiérarchie ! Aujourd'hui on aurait plutôt tendance à se moquer de ces managers qui ne répondent jamais à leurs courriels.
Je pense que la clé est dans la compréhension d'un certain nombre de points essentiels :
- que la communication comme la sécurité ne sont pas le monopole de tel ou tel service, mais l'affaire de tous
- qu'il existe plusieurs types de communications et qu'il ne faut pas mélanger les genres, c'est-à-dire que la communication officielle, validée, en provenance du service communication (organisation formelle) a sa place et son utilité à côté de la communication de terrain (organisation informelle)1. Je soutiens même qu'il existe une véritable attente de la part du terrain pour une information officielle et validée, en particulier lors de périodes de changements ou de crises
- qu'il faut cesser de vivre dans l'illusion du contrôle total de l'information, ça n'existe pas
- qu'il faut bien analyser, dans les craintes, ce qui est valide de ce qui est irrationnel. Là chaque entreprise est différente, mais la peur irrationnelle est un paralysant très efficace pour tout le monde
Je pense qu'il y a beaucoup plus à gagner à favoriser une communication ouverte et visible de tous, avec une plus grande responsabilisation de chacun, que quelques canaux très balisés qui entrainent des détournements sous-terrains difficiles à repérer.
(1) Sur le sujet de l'organisation formelle vs l'organisation informelle, je vous renvoie à ma présentation : l'intranet social.
A peine entré, déjà sorti ? Le blog de Marc Simoncini, patron de Meetic, semble aux abonnés absents. Frilosité, prudence, regret, blog je t'aime moi non plus, indisponibilité, erreur de casting ou erreur technique ? Je ne sais pas.
On demande un blog de patron d'entreprise côtée en bourse en France... Allô ?
En parlant de cul :-p, me trompe-je ou le blog de Marc Simoncini est le premier blog d'un patron d'une société côtée en bourse en France ? Comme il l'écrit lui-même dans son premier billet :
Meetic étant une société publique il ne me sera pas possible sur ce blog de dévoiler une quelconque info sous embargo, d'apporter un commentaire quelconque sur notre cours de bourse ou notre stratégie...
Quand j'ai écrit la partie juridique de Blogueur d'entreprise, c'est Pierre Bilger qui avait attiré mon attention sur les contraintes de communication des sociétés côtées, une vraie contrainte que n'ont pas tous les autres patrons blogueurs. Et la contrainte peut-être plus subtile qu'il n'y paraît, car sur un blog ouvert aux commentaires, elle s'étend également aux commentaires de l'auteur, dont les silences pourraient être scrutés avec autant d'attention que les billets.
Marc Simoncini rejoint la clique des patrons blogueurs qui donnent des sueurs froides à leur service juridique, et c'est bien ! Sur ce sujet, Jonathan Schwartz, CEO de Sun, a même réussi à mettre son directeur juridique au blog (if you can't beat them, join them ;-)).
Libération publiait aujourd'hui deux articles sur les patrons blogueurs : ces patrons qui sont regonflés à blog, et une interview de Michel Edouard Leclerc. Pointblog le note (sans liens), en passant un peu vite sur le routier du blog de patron qu'est MEL et en particulier ce passage :
C'est risqué de bloguer, pour un patron comme vous ?
Ce n'est pas sans risque. Tenir un blog, c'est rédiger, écrire, publier : il faut y mettre du sien. Ce qui expose à la critique. Normal : communiquer, c'est s'engager, c'est s'exposer. Sur le commerce équitable, par exemple, les gens d'Attac me sont tombés dessus, mais c'est leur problème.
Est-ce pour cette raison que les patrons français bloguent très peu ?
Beaucoup de patrons ne sont pas à l'aise avec l'écriture. C'est ce qui les bloque le plus. Ils sont également souvent d'une grande timidité et se refusent à prendre des positions publiques claires au nom de l'intérêt de leur entreprise. Moi, ça colle avec mon mode de fonctionnement.
MEL a le mérite de pointer une évidence, mais c'est un message qu'il n'est pas toujours évident de faire passer à tous les patrons qui se verraient bien en blogueur public :-P.
P.S. Libération et le monde vraiment caché des patrons blogueurs, où les teletubbies de Tubbydev enfoncent le clou et rappellent que le blog est aussi un outil.
Catherine S., alias Petite Anglaise, veut poursuivre son ancien employeur, Dixon Wilson, devant le conseil de Prud'hommes. Dans un article publié sur le site du Guardian, et titré I was fired for blogging (j'ai été virée pour avoir blogué), elle explique qu'elle en fait une question de principe et qu'ainsi elle garde sa liberté d'expression sur cette affaire pour pouvoir aider à clarifier la situation légale en France :
En France les frontières ne sont pas clairement tracées en droit du travail. Où s'arrête la liberté d'expression et où commence la loyauté envers l'employeur (une clause de loyauté est incluse dans la plupart des contrats de travail français) ? En publiant des photos à l'occasion, ai-je renoncé à mon anonymat ? Le règlement intérieur de l'entreprise concernant l'usage personnel de l'email et d'internet est-il sans faille ?
Seul l'avenir le dira, mais j'espère que Petite contre Goliath aidera à clarifier certaines de ces questions et à créer une jurisprudence utile pour les blogueurs français qui pourrait être victimes du même sort dans le futur.
Je n'étais donc pas loin en écrivant mardi qu'elle pourrait bien être à l'origine d'un des premiers jugement prud'hommaux en matière de blogs de salariés. Sauf que depuis, je lis que les motifs invoqués par Dixon Wilson sont passés de la faute grave avec mise à pied à faute réelle et sérieuse avec préavis payé mais non effectué (une reconnaissance, de fait, du caractère exagéré de la réaction initiale de l'employeur). La bataille ne va pas être si simple, d'autant qu'une transaction paraît plus raisonnable et que la voie juridique sera longue et difficile.
Le Monde a aussi publié un article sur le sujet.
Via le commentaire de Yannick sur cet article de Pointblog, je découvre le point de vue contradictoire d'Olivier Davoust, qui n'achète pas l'histoire, qui "pourrait avoir des relents de Queen of sky" et "sent trop la com pour être honnête". Je pense également que la médiatisation de cette affaire est gérée, mais en homme de communication ça ne me choque pas, ça n'enlève ni n'ajoute rien au fond et c'est parfaitement dans l'intérêt du salarié. Je trouve également qu'Olivier se tire une balle dans le pied en affichant une prudence de bon aloi ("sur le fond du dossier je me garderai bien de tout jugement") pour tomber ensuite directement dans le parti-pris qu'il tente pourtant de dénoncer ("En fonction des élements dont je dispose, j'aurais pris la même décision de la licencier").
En relation avec le sujet, j'ai quelques billets en magasin qui pourraient vous intéresser (et dont je recommande vivement la lecture aux managers de Dixon Wilson) :
- Blogs de salariés, espaces de liberté
- Identité et marque personnelle vs professionnelle
- Blogueur de seconde zone (retour sur l'affaire Garfieldd)
-
Susceptible et pas très fin l'associé. Parce que pour avoir lu le blog avant que l'affaire n'éclate, il n'y avait pas dedans de quoi se sentir vraiment attaqué et encore moins de quoi licencier quelqu'un.